Un premier contingent de 262 ressortissants nigérians a atterri jeudi 10 juin à Lagos après avoir quitté l’Afrique du Sud dans le cadre d’un programme d’évacuation volontaire mis en place par le gouvernement fédéral nigérian. Ce rapatriement intervient après plusieurs semaines de violences anti-immigrés qui ont ciblé des ressortissants étrangers dans plusieurs villes sud-africaines, dont Durban et Johannesburg.
Environ 700 Nigérians attendent encore leur vol de retour
Le groupe arrivé à Lagos ne représente qu’une fraction des ressortissants nigérians souhaitant quitter l’Afrique du Sud. Selon le ministère nigérian des Affaires étrangères, environ 700 personnes attendent les prochains vols de rapatriement, organisés et financés par Abuja. La majorité des candidats au retour se trouvaient en situation irrégulière sur le territoire sud-africain — visas expirés ou absence de titre de séjour valide. Le porte-parole du ministère, Kimiebi Ebienfa, a précisé que ces personnes ont préféré rentrer volontairement plutôt que de s’exposer à des arrestations par les forces de l’ordre sud-africaines.
Le département chargé de l’application de la législation sur l’immigration au ministère sud-africain de l’Intérieur a confirmé qu’une interdiction d’entrée de cinq ans sur le territoire sud-africain avait été notifiée aux ressortissants rapatriés.
Une crise diplomatique qui dépasse le seul Nigeria
Le Nigeria n’est pas le seul pays à avoir déclenché un programme de rapatriement. Les autorités du Ghana, du Zimbabwe, du Malawi et du Mozambique avaient engagé des démarches similaires dans les semaines précédentes. Sur le plan diplomatique, la ministre nigériane des Affaires étrangères, Bianca Odumegwu-Ojukwu, a reçu le représentant sud-africain à Abuja après la mort de deux ressortissants nigérians en garde à vue, un incident que Pretoria n’a pas formellement contesté.
Ces tensions sont alimentées par un chômage structurel touchant entre 32 et 35 % de la population active sud-africaine selon les données de Statistics South Africa, poussant des mouvements comme Opération Dudula à organiser des marches réclamant l’expulsion des étrangers en situation irrégulière.
Au cours de l’année fiscale 2025-2026, les autorités sud-africaines ont enregistré 57 784 expulsions de migrants, selon le ministère de l’Intérieur sud-africain. De nouveaux vols de rapatriement vers Lagos sont attendus dans les prochains jours.



