Affaire Dangnivo au Bénin : L'audience renvoyée après des réquisitions de 30 ans contre Alofa

Le procès de Pierre Urbain Dangnivo se poursuivra ce jeudi 16 juillet 2026 devant le Tribunal de première instance de Cotonou. L’audience de ce mercredi a été renvoyée afin de permettre les plaidoiries de la défense et les répliques, après des réquisitions marquées par une demande de requalification des faits formulée par le ministère public.

Ce report est intervenu à la suite d’une demande des avocats de la défense, qui estiment que les réquisitions du parquet introduisent des éléments juridiques nouveaux. Les conseils des accusés ont sollicité un délai supplémentaire pour préparer leur réponse, allant jusqu’à menacer de se retirer si un temps suffisant ne leur était pas accordé.

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Le parquet demande une requalification des faits

Représenté par le procureur Olushègun Tidjani Serpos, le ministère public a requis une peine de 30 ans de réclusion criminelle et une amende de 150 millions de francs CFA contre Codjo Alofa. Le parquet a également demandé que les faits reprochés à ce dernier soient requalifiés en complicité de meurtre.

Selon les réquisitions, « Pierre Urbain Dangnivo a été victime d’un meurtre ». Le ministère public soutient que le crime aurait été commis par Isidore Akon et un homme présenté sous le surnom de Paul, alias Ibo, tandis que Codjo Alofa leur aurait fourni les moyens nécessaires à la réalisation des faits.

Le parquet a aussi demandé la restitution des restes de la dépouille à la famille de Pierre Urbain Dangnivo. Concernant le coaccusé Donatien Amoussou, le ministère public a sollicité une requalification des faits et requis une peine de 60 mois d’emprisonnement ferme pour escroquerie. Selon le procureur, « aucun élément ne le relie » à la mort de Pierre Urbain Dangnivo.

La défense conteste les réquisitions

À l’issue des réquisitions, les avocats de la défense ont demandé une suspension d’audience. Ils estiment que les nouvelles qualifications proposées par le parquet modifient sensiblement le dossier sur lequel ils ont préparé leur défense.

Me Théodore Zinflou a déclaré devant le tribunal : « Nous n’avons pas suivi le même dossier. » Les conseils ont demandé que leurs plaidoiries soient reportées afin de pouvoir interroger à nouveau les accusés sur ces nouveaux éléments. Ils réclamaient un délai de 48 heures avant de présenter leurs observations.

Plus tôt dans la matinée, les avocats de la partie civile avaient développé leurs arguments. Me Fifa Zinzindohoué a indiqué que la famille Dangnivo recherchait avant tout « la vérité ». De son côté, Me Olga Anassidé a estimé que le dossier avait été construit de manière à rendre son dénouement particulièrement complexe.

Une affaire ouverte depuis plus de quinze ans

La disparition de Pierre Urbain Dangnivo, alors cadre au ministère béninois des Finances, remonte au mois d’août 2010. Cette affaire est devenue l’un des dossiers judiciaires les plus suivis au Bénin, donnant lieu à plusieurs procédures, expertises et rebondissements au fil des années. L’audience reprendra ce jeudi 16 juillet 2026 devant le Tribunal de première instance de Cotonou avec les plaidoiries de la défense, avant les répliques attendues dans ce dossier emblématique.

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