Réduire le délai de prise en charge des combattants blessés sur le terrain : c’est l’objectif affiché par le gouvernement burkinabè avec la remise, ce mercredi 1ᵉʳ juillet 2026, de quatre hôpitaux mobiles au ministère de la Guerre et de la Défense patriotique. La cérémonie s’est tenue à Ouagadougou, sous la conduite du Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, agissant au nom du Président du Faso.
Un dispositif médical complet monté sur camions
Chaque hôpital mobile est doté d’un bloc opératoire entièrement équipé. Il dispose d’un système autonome de production et de distribution d’oxygène médical, d’une table d’opération multifonction pouvant pivoter à 360 degrés, ainsi que d’un appareil d’anesthésie intégré. Des batteries de secours assurent le fonctionnement continu des équipements, même en cas de panne d’électricité.
À cet ensemble s’ajoute un véhicule d’exploration organisé en deux modules. Le premier est consacré à l’imagerie médicale et comprend un scanner 32 barrettes avec injecteur de produit de contraste, un échographe ainsi qu’un appareil de radiographie mobile destiné aux examens osseux et pulmonaires. Le second module est équipé d’un laboratoire capable de réaliser des analyses d’hématologie, de biochimie et d’hémostase. Le dispositif comprend également un groupe électrogène de 110 KVA, un autoclave de stérilisation d’une capacité de 150 litres, quatre tentes d’hospitalisation pouvant accueillir chacune dix patients, des lits pliants, des concentrateurs d’oxygène portables ainsi que des malles destinées au transport et au stockage des médicaments.
Le médecin-commandant Daouda Sawadogo, coordonnateur technique de l’Initiative présidentielle pour la santé, a précisé que cette livraison fait suite à l’expérimentation d’un premier lot sur le terrain, dont les résultats ont permis d’ajuster certains équipements — notamment la salle de radiologie et le système d’impression des résultats d’imagerie, désormais connecté directement aux équipements de diagnostic.
Une pièce supplémentaire dans l’effort de guerre
Cette dotation sanitaire s’ajoute à une série de mesures prises par les autorités pour soutenir les Forces armées nationales engagées contre les groupes armés qui, selon les données gouvernementales communiquées en janvier 2026, contrôlaient encore environ un quart du territoire national. Le 4 juin 2026, le Conseil des ministres avait déjà validé un train de projets sécuritaires estimé à 5,737 milliards FCFA, destiné à renforcer les capacités opérationnelles des forces déployées sur l’ensemble du pays.
Le dispositif militaire a par ailleurs été restructuré, avec le passage de trois à six régions militaires et la création d’une Brigade Spéciale d’Intervention Rapide. Le recrutement massif de Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) se poursuit également, une voie de recrutement leur étant notamment réservée en priorité pour intégrer les rangs des sapeurs-pompiers militaires.
Le général de division Célestin Simporé, ministre d’État en charge de la Défense, a été chargé par le Premier ministre de veiller à une utilisation optimale et sécurisée de ces nouveaux hôpitaux mobiles. Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a résumé la finalité de cette acquisition en expliquant que l’objectif est de les déployer au plus près des théâtres d’opérations pour réduire le délai de prise en charge des combattants blessés. Conçues pour être rapidement mobilisables, ces infrastructures pourront aussi être engagées dans d’autres situations, en cas d’urgence sanitaire ou de catastrophe, dans les zones où l’offre de soins reste limitée ou difficile d’accès.

La patrie ou la mort, nous vaincrons.