Lithium : les exportations africaines explosent depuis 2020, portées par le Mali et le Zimbabwe

Deux pays d’Afrique subsaharienne concentrent aujourd’hui l’essentiel de la croissance du lithium sur le continent. Le Zimbabwe et le Mali ont porté le volume des expéditions africaines vers un niveau jamais atteint, selon les données publiées cette semaine par l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) dans son rapport Global Critical Minerals Outlook 2026.

L’étude chiffre cette dynamique : le continent pesait pour une part marginale du marché mondial en 2020 ; il en représente désormais 14 %. Le volume total livré aux acheteurs internationaux a été multiplié par 26 en cinq ans, une hausse que l’AIE relie directement à un bond de production de 44 % sur la même période.

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Bamako change de statut

Le Mali illustre cette bascule. Longtemps absent des radars miniers du lithium, le pays a vu deux sites entrer en production coup sur coup : Goulamina en 2024, exploité par le groupe chinois Ganfeng Lithium, puis Bougouni en 2025. Ces deux mises en service ont suffi à faire basculer le Mali parmi les producteurs mondiaux reconnus, une place que les prévisions de Benchmark Mineral Intelligence lui accordaient déjà comme deuxième rang africain début 2025, juste derrière le Zimbabwe.

Aucun encadrement particulier ne limite pour l’instant la sortie du lithium brut malien vers l’étranger.

Harare resserre le contrôle sur ses gisements

Le Zimbabwe, lui, avance dans une direction inverse. Trois exploitations — Bikita, Arcadia et Sabi Star — assurent l’essentiel de sa production, alimentée par d’importants investissements chinois accumulés ces dernières années. Mais depuis le 25 février 2026, le pays interdit toute exportation de minerais non transformés, lithium compris. Le ministre des Mines, Polite Kambamura, a défendu une mesure prise « dans l’intérêt national ».

Cette décision a immédiatement pesé sur les cours mondiaux. Un volume estimé entre 100 000 et 180 000 tonnes d’équivalent carbonate de lithium s’est brutalement retiré de l’offre disponible, provoquant une hausse des prix constatée par plusieurs analystes du secteur dans la foulée de l’annonce.

Un marché sous tension depuis deux ans

Cette remontée des cours succède à une chute de près de 90 % enregistrée sur les deux années précédentes. L’AIE attribue le retournement récent à une demande soutenue par les besoins de stockage d’énergie, combinée à une offre resserrée par les restrictions décidées par plusieurs producteurs.

D’autres pays africains cherchent à profiter de ce contexte. La Namibie et le Ghana ont démarré leur propre extraction en 2025, tandis que la République démocratique du Congo mise sur le gisement de Manono, dont les exportations annuelles pourraient atteindre 4 milliards de dollars une fois le site pleinement opérationnel.

Malgré cette progression, l’Afrique reste loin des trois premiers producteurs mondiaux — Australie, Chili et Chine — qui contrôlaient encore plus de 75 % de l’offre en 2024. L’AIE prévoit un recul de cette concentration sous 70 % d’ici 2035, à mesure que de nouveaux fournisseurs comme le Mali et le Zimbabwe gagnent du terrain.

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