Le Sénégalais Bassirou Diomaye Faye prend ce dimanche 19 juillet la présidence en exercice de la CEDEAO. Désigné à l’issue du 69ᵉ sommet ordinaire tenu à Lungi, près de Freetown, en Sierra Leone, il succède au président sierra-léonais Julius Maada Bio avec la lutte contre le terrorisme comme premier chantier annoncé.
Une douzaine de dirigeants réunis
La session s’est tenue au Centre international de conférence Julius Maada Bio, inauguré la veille par le chef de l’État sierra-léonais. Outre Bio, plusieurs dirigeants ouest-africains étaient attendus à Freetown : le président ghanéen John Dramani Mahama, le président gambien Adama Barrow, le président capverdien José María Neves et le président béninois Romuald Wadagni. La Côte d’Ivoire était représentée par une délégation conduite par la ministre d’État Nialé Kaba. Le président guinéen Mamadi Doumbouya, arrivé par la route via la frontière de Pamelap, prenait lui aussi part au sommet pour la première fois.
Une feuille de route centrée sur la sécurité collective
Devant ses homologues, Faye a détaillé ses priorités pour l’année à venir. Il a cité l’opérationnalisation de la force régionale antiterroriste, la mise en commun des moyens militaires entre États membres, le renforcement de l’autonomie financière de la Communauté et une meilleure protection des populations touchées par l’insécurité, selon les propos rapportés à l’issue du sommet.
Le nouveau président en exercice a également évoqué la solidarité et l’intégration bâties depuis un demi-siècle par les pays membres, engagement qu’il a promis de prolonger face aux enjeux actuels : sécurité, stabilité des institutions, souveraineté politique et économique, et poids diplomatique de la sous-région. Il a conclu son intervention par une formule brève : « Vive la CEDEAO ! Vive une Afrique de l’Ouest réconciliée et unie ! »
Le terrorisme, principal facteur d’instabilité régionale
Le diagnostic dressé par le nouveau président en exercice reste sans détour : une économie régionale résiliente mais fragile, des institutions à réformer, et une zone durement affectée par les violences armées. Cette lecture rejoint les constats déjà établis par plusieurs chancelleries et organismes régionaux ces derniers mois. Selon les propres statistiques de l’organisation, plus de 450 attaques ont frappé l’Afrique de l’Ouest en 2025, faisant près de 1 900 morts et provoquant des déplacements massifs de populations.
Vers une force régionale encore inachevée
C’est dans ce cadre qu’intervient la promesse portée par Diomaye Faye de faire aboutir la force en attente de la CEDEAO. Les chefs d’état-major des pays membres ont validé, en février dernier, la création d’une brigade antiterroriste de 1 650 soldats, censée constituer le socle d’un dispositif plus vaste de 260 000 hommes, doté d’un budget annuel projeté à 2,5 milliards de dollars. Le financement durable de ce projet reste toutefois un obstacle que la présidence sénégalaise devra affronter durant son mandat.




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