Le Dr Abdourahmane Fédior conteste publiquement sa mise en cause par le président de la Fédération sénégalaise de football (FSF), Abdoulaye Fall. Dans un entretien accordé à L’Observateur, le médecin des Lions de la Teranga affirme avoir eu un échange tendu avec Fall dès le premier match du Mondial 2026 contre la France, ce dernier souhaitant selon lui imposer sur le banc un médecin venu spécialement de France.
Cette contre-attaque intervient trois jours après la conférence de presse du 13 juillet, durant laquelle Fall avait révélé que le médecin titulaire de la sélection depuis dix ans était gynécologue de formation, ajoutant que les joueurs n’étaient pas convaincus par lui. Fédior qualifie ces propos d’inepties tardives et évoque la possibilité d’une procédure judiciaire.
Une fédération déjà critiquée en interne avant l’affaire du médecin
La sortie de Fall sur le profil médical de son médecin ne constitue pas un épisode isolé. Quelques heures avant cette conférence de presse, Bamba Ba, président de la Commission Marketing de la FSF et ancien soutien de Fall, avait adressé au Comité exécutif un discours écrit décrivant une gouvernance verrouillée entre le président et son secrétaire général, Abdoulaye Sow. Selon lui, le secrétaire général reste le maître de la quasi-totalité des décisions qui devraient relever du Comité exécutif ou de la présidence.
Un autre membre de l’instance, Bacary Cissé, avait accusé les deux dirigeants d’imposer leurs choix au reste du Comex, avant de retirer sa résolution réclamant le limogeage de Sow sous la pression d’un autre vice-président. Cet épisode montre une contestation interne réelle, mais rapidement contenue.
Le dossier Thiaw, symptôme du même mode de fonctionnement
Le limogeage du sélectionneur Pape Thiaw, acté le 11 juillet après l’élimination du Sénégal en seizièmes de finale face à la Belgique, traduit la même dynamique. Sow a reconnu que Thiaw avait travaillé sans contrat signé depuis février, les négociations ayant achoppé sur un désaccord salarial : le technicien réclamait environ 50 millions de francs CFA mensuels, quand l’État proposait d’aligner sa rémunération sur celle de son prédécesseur, Aliou Cissé. Le contrat n’aurait finalement été signé que cinq heures avant le match décisif contre la Norvège. Une pétition en ligne réclame désormais la création d’une commission d’enquête parlementaire sur la gestion financière de la fédération, signe que la contestation dépasse le cercle sportif.
Chaque acteur communique séparément, sans version commune
Fall, Sow, Fédior et Bamba Ba ont chacun livré leur propre récit des événements, sans qu’aucune version collective et assumée n’émerge de la FSF. Cette méthode de communication fragmentée, déjà observée lors de crises précédentes du football sénégalais, tend à alimenter la défiance plutôt qu’à la dissiper.
Pour rappel, le Sénégal avait déjà vu son titre de champion d’Afrique 2025 lui être retiré au profit du Maroc par la Confédération africaine de football en mars, une décision que la fédération a contestée devant le Tribunal arbitral du sport. Deux crises distinctes, mais qui interrogent toutes deux la solidité de la gouvernance fédérale sénégalaise à l’approche des éliminatoires de la CAN 2027, prévues dès septembre.



