Divorce : ces 5 pays où les couples ne se séparent presque jamais

Un couple sur mille se sépare chaque année en Inde, contre près de deux pour mille en moyenne dans le monde. Ce pays occupe la première place d’un classement mondial établi à partir des données de l’ONU, d’Eurostat et de l’Enquête nationale indienne sur la santé familiale (NFHS-4 et NFHS-5), suivi du Sri Lanka, du Vietnam, du Guatemala et du Tadjikistan. Trois logiques distinctes expliquent ces chiffres bas : des obstacles juridiques, un poids social fort autour du mariage, et des statistiques qui ne captent pas toutes les séparations réelles.

Sri Lanka et Vietnam : des procédures judiciaires qui découragent

Au Sri Lanka, obtenir un divorce suppose de prouver une faute devant un tribunal de district — adultère, abandon du foyer pendant deux ans ou impuissance constatée dès le mariage. Trois systèmes juridiques se superposent selon la communauté d’appartenance : le droit civil général, la loi kandyenne pour les Cinghalais, et le droit musulman pour la minorité concernée. À peine quelques centaines de séparations légales sont prononcées chaque année dans un pays de 22 millions d’habitants, soit 0,15 divorce pour 1 000 personnes.

Le Vietnam présente un cadre légal plus souple depuis 2014, avec une loi autorisant le divorce sans faute et un droit égal accordé aux deux conjoints pour engager la procédure. Selon WorldAtlas, l’attachement aux valeurs confucéennes centrées sur la continuité de la famille continuerait à freiner les séparations, en particulier dans les zones rurales. Le pays affiche un taux de 0,2 pour 1 000 habitants, même si les tribunaux de Hanoï et de Hô-Chi-Minh-Ville enregistreraient une hausse des dossiers depuis les années 2020, portée par l’autonomie économique croissante des femmes en ville.

Inde et Tadjikistan : le poids des unions arrangées

En Inde, le mariage reste largement organisé par les familles avant même la rencontre des futurs époux. Selon un sondage IPSOS mené en 2013, environ 74 % des jeunes Indiens de moins de 30 ans se disaient favorables à ce type d’union. Le droit matrimonial y varie selon la religion : loi hindoue de 1955, loi civile de 1954 pour les mariages mixtes, statuts propres aux communautés musulmane, chrétienne et parsie. La répudiation par triple talaq a été interdite par la justice indienne en 2017, puis inscrite dans la loi fédérale deux ans plus tard. Dans les grandes villes comme Delhi ou Mumbai, les dépôts de dossiers de divorce progressent depuis dix ans, à l’initiative des femmes dans sept cas sur dix selon les données citées.

Le Tadjikistan complète ce trio avec un taux de 0,3 pour 1 000 habitants, à égalité avec la Bosnie-Herzégovine. Comme en Inde, la pression familiale et communautaire autour du maintien de l’union pèse plus lourd que le cadre légal dans ce pays d’Asie centrale.

Guatemala : des ruptures qui échappent aux registres

Le Guatemala affiche officiellement 0,2 divorce pour 1 000 habitants, le taux le plus bas de tout le continent américain. Ce chiffre masque une réalité plus complexe : près d’un tiers des unions adultes du pays correspondraient à des concubinages non déclarés, notamment dans les communautés rurales et mayas. Une réforme du code de la famille adoptée en 2017 a facilité le partage des biens en cas de séparation informelle, sans toucher à la procédure de divorce légal elle-même. Les couples qui se séparent hors mariage civil n’apparaissent donc jamais dans les statistiques officielles. À l’opposé de ce classement, les Maldives affichent le taux de divorce le plus élevé au monde, autour de 5,5 pour 1 000 habitants — près de 500 fois supérieur à celui de l’Inde.

Le classement des 5 pays où l’on divorce le moins

1. Inde — 0,01 à 0,10 divorce pour 1 000 habitants
2. Sri Lanka — 0,15 divorce pour 1 000 habitants
3. Vietnam — 0,20 divorce pour 1 000 habitants
4. Guatemala — 0,20 divorce pour 1 000 habitants
5. Tadjikistan — 0,30 divorce pour 1 000 habitants

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