France-Maroc : cinq arbitres argentins, la polémique enfle dans l'hexagone

Une équipe arbitrale d’une seule et même nationalité pour un quart de finale de Coupe du monde : c’est une première dans l’édition 2026. La FIFA a désigné, mardi 7 juillet, l’Argentin Facundo Tello, 44 ans, pour diriger FranceMaroc, prévu jeudi 9 juillet à Boston. Il sera entouré de quatre compatriotes : Juan Pablo Belatti et Gabriel Chade comme assistants, Dario Herrera en quatrième arbitre et Cristian Navarro à l’assistance vidéo.

Un choix qui intervient après la controverse Égypte-Argentine

La désignation ne survient pas dans n’importe quel climat. Quelques jours plus tôt, la Fédération égyptienne de football avait officiellement saisi la FIFA pour contester l’arbitrage du huitième de finale ayant opposé l’Égypte à l’Argentine, remporté 3-2 par l’Albiceleste après avoir été menée 0-2. Le sélectionneur égyptien Hossam Hassan avait dénoncé un arbitrage ayant, selon lui, faussé l’issue de la rencontre, pointant notamment l’annulation d’un but égyptien après examen vidéo et une faute jugée insuffisante sur l’action ayant mené au but victorieux d’Enzo Fernandez. L’arbitre de ce match, le Français François Letexier, avait alors été la cible de critiques nourries côté argentin, un épisode que plusieurs observateurs relient aujourd’hui, par contraste, à la nomination de Tello pour le match des Bleus.

Le règlement de la FIFA interdit seulement à un arbitre d’officier sur un match impliquant son propre pays. Rien n’empêche donc une équipe arbitrale argentine de diriger une rencontre où l’Argentine n’est pas engagée, y compris un quart de finale où elle reste elle-même en lice pour le titre.

Tello, un habitué des grands rendez-vous sud-américains

Certifié par la FIFA depuis 2019, Tello a dirigé plus de 430 matchs depuis 2012, dont la finale de la Copa Libertadores 2024 entre l’Atlético Mineiro et Botafogo. Il compte à son actif 2 032 cartons jaunes et 75 cartons rouges, un total qui inclut un épisode resté dans les mémoires en Argentine : dix cartons rouges distribués lors du Trophée des champions 2022 entre Racing Club et Boca Juniors, dont sept après une bagarre générale en fin de partie. Pour ce Mondial 2026, il en est à son troisième match après avoir arbitré Canada-Bosnie-Herzégovine et Afrique du Sud-Corée du Sud en phase de groupes. Il avait déjà officié lors d’un quart de finale marocain, en 2022 au Qatar, quand le Maroc avait éliminé le Portugal (1-0).

Un climat de défiance qui dépasse le seul enjeu sportif

La polémique arbitrale se déploie dans un climat plus large de scrutin renforcé autour de la gouvernance de la FIFA. Des élus européens réclameraient davantage de transparence sur les décisions de l’instance, tandis que des informations relayées par la presse américaine évoqueraient une enquête du FBI portant sur des opérations financières de la Fédération argentine de football, présidée par Claudio Tapia, une information qui reste à ce stade non confirmée par une source officielle et qui n’établit aucune culpabilité.

Côté français, les joueurs ont choisi de couper court aux spéculations. « Il ne faut pas tomber dans la paranoïa », a résumé le gardien du RC Lens Robin Risser, rappelant que le seizième de finale des Bleus face à la Suède avait déjà été arbitré par un officiel néerlandais sans que cela suscite de débat comparable.

Le coup d’envoi de France-Maroc est fixé à 22 heures, heure française, jeudi à Boston.

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