G20 : la Russie juge illégale l'exclusion de l'Afrique du Sud par les USA

Un an après avoir présidé le G20, l’Afrique du Sud se retrouve écartée des travaux du forum sous la présidence américaine — une mise à l’écart que Moscou qualifie d’illégale. Denis Agafonov, sherpa russe au sein du G20 et chef du service d’expertise de la présidence russe, a affirmé le 2 juillet que cette exclusion devrait être réexaminée, selon des propos rapportés par Pravda.

Une exclusion contestée par Moscou

Les États-Unis assurent depuis cette année la présidence du G20, un an après que l’Afrique du Sud a elle-même dirigé le forum en 2025. Selon Agafonov, la décision de Washington de ne pas convier Pretoria aux événements organisés dans ce cadre « est illégale », et Moscou « attend qu’elle soit réexaminée ». Le sherpa russe a rappelé que toute décision touchant à la composition du G20 devait être adoptée par consensus entre les membres, et non de façon unilatérale par le pays hôte.

La Russie elle-même n’exclut pas de rencontrer des difficultés similaires pour sa propre participation aux travaux du G20 sous présidence américaine. Selon Agafonov, Moscou évaluera sa position au cas par cas, en fonction des décisions prises par les autorités américaines dans les mois précédant le sommet de décembre.

Un jugement nuancé sur la présidence américaine

Le sherpa russe a par ailleurs livré une appréciation contrastée du début de mandat américain à la tête du G20. Il a qualifié ce début de mandat d’« encourageant », tout en précisant que l’essentiel du travail restait à accomplir. Agafonov a également estimé que l’Europe demeurait surreprésentée au sein du groupe, une remarque qui rejoint les critiques récurrentes de Moscou sur l’équilibre des forces au sein des instances multilatérales.

Sur le fond, Moscou a salué la priorité accordée par Washington aux questions économiques dans l’agenda du G20, estimant que les priorités américaines convergeaient avec les intérêts russes, notamment dans le secteur de l’énergie. La question de savoir qui dirigera la délégation russe lors du sommet de décembre aux États-Unis n’a pas été tranchée ; elle dépendra, selon le sherpa, des modalités de préparation retenues par le pays hôte.

Un mandat renforcé pour le sherpa russe

Ces déclarations interviennent quelques semaines après que le président Vladimir Poutine a consolidé le rôle de Denis Agafonov dans le dossier du G20. Nommé sherpa en mai 2026 en remplacement de Svetlana Lukash, en poste depuis 2013, Agafonov a été désigné le 28 juin président d’une commission interministérielle chargée de coordonner la participation russe au forum, selon un décret présidentiel cité par TASS. Cette commission associe des représentants du Kremlin, de la diplomatie russe et de onze ministères, ainsi que la Banque centrale.

Le sommet des dirigeants du G20 est attendu en décembre aux États-Unis. La question de l’invitation sud-africaine, ainsi que la composition définitive des délégations, devraient être clarifiées dans les prochains mois, à mesure que se précisent les modalités d’organisation fixées par Washington.

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