Berlin a apporté son soutien à la position déjà défendue par Moscou contre l’exclusion de l’Afrique du Sud du G20. Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a affirmé le 23 juillet, lors d’un discours à l’université du Witwatersrand à Johannesburg, que son pays défendait l’inclusion pleine et entière de l’Afrique du Sud au sein du forum des vingt principales économies mondiales.
Une position déjà exprimée par Moscou
Début juillet, le sherpa russe au G20, Denis Agafonov, avait qualifié d’illégale la décision des États-Unis d’écarter Pretoria des travaux du forum sous leur présidence. Il avait rappelé que toute modification de la composition du groupe devait résulter d’un consensus entre membres, et non d’une décision unilatérale du pays hôte. L’Allemagne rejoint désormais cette ligne, faisant de la Russie et de l’Allemagne les deux premières puissances du G20 à contester publiquement l’exclusion sud-africaine décidée par Washington.
Les deux pays convergent sur le fond de l’argument, sans pour autant afficher de coordination revendiquée entre eux. Selon Wadephul, écarter Pretoria reviendrait à mettre de côté une voix africaine majeure. Le chef de la diplomatie allemande a estimé que le sommet organisé l’an dernier à Johannesburg, sous présidence sud-africaine, avait démontré le rôle indispensable du pays au sein du forum.
Lamola salue le soutien de Berlin
Le ministre sud-africain des Relations internationales, Ronald Lamola, a reçu son homologue allemand à l’issue de l’entretien. Il a exprimé sa reconnaissance pour ce qu’il a qualifié de soutien de principe de l’Allemagne à l’inclusivité du G20. Wadephul a par ailleurs indiqué s’attendre à ce que l’Afrique du Sud retrouve sa place de membre à part entière du forum, jugeant qu’un cadre d’incertitude économique mondiale appelait davantage de coopération entre nations plutôt qu’un repli.
Un dossier ouvert depuis plusieurs mois
L’Afrique du Sud, seul membre africain permanent du G20 avant l’admission de l’Union africaine en 2023, avait présidé le forum en 2025 avant de transmettre la présidence aux États-Unis. Le 26 novembre 2025, Donald Trump avait annoncé sur Truth Social exclure Pretoria du sommet de 2026, invoquant des accusations de violations des droits des Afrikaners et suspendant au passage les financements américains destinés au pays. Cette décision faisait suite au boycott américain du sommet de Johannesburg quelques jours plus tôt, ainsi qu’à une série de tensions bilatérales entamées début 2025 avec la suspension de l’aide américaine et l’expulsion de l’ambassadeur sud-africain à Washington.
Fondé en 1999 après la crise financière asiatique pour réunir ministres des Finances et gouverneurs de banques centrales, le G20 s’est transformé en forum de chefs d’État à partir de 2008, dans le sillage de la crise financière mondiale. L’Afrique du Sud en est membre fondateur depuis l’origine du groupe. La question de la participation sud-africaine au prochain sommet, prévu en décembre 2026 à Miami, reste ouverte. Ni Washington ni Pretoria n’ont annoncé de nouvelle rencontre pour trancher ce différend.
