Aucune frappe américaine d’ampleur n’a été ordonnée contre l’Iran ce week-end. Le président Donald Trump a temporairement renoncé à intensifier l’action militaire américaine contre le pays, selon des informations rapportées samedi par le New York Times. Ce coup d’arrêt intervient près de cinq mois après le déclenchement du conflit, le 28 février 2026, entre les États-Unis, Israël et l’Iran.
Un stock de missiles sous tension
La décision serait motivée par la crainte qu’une opération militaire élargie n’épuise davantage les stocks américains de défense antiaérienne au Moyen-Orient, déjà fortement sollicités depuis le début des hostilités. Selon le quotidien américain, le général Dan Caine, chef d’état-major interarmées, aurait averti en privé qu’une reprise des opérations de combat de grande ampleur restait possible mais risquerait de dangereusement épuiser ces réserves.
Un rapport du think tank américain CSIS, publié fin avril, avait déjà alerté sur l’ampleur des prélèvements : lors des sept premières semaines de la campagne, dite « Opération Epic Fury », l’armée américaine avait consommé près de la moitié de son stock d’intercepteurs Patriot et plus de la moitié de ses intercepteurs THAAD. Le think tank estimait alors qu’il faudrait entre un et quatre ans pour reconstituer ces réserves à leur niveau d’avant-guerre.
Le rythme de production ne suit pas
Le rythme des livraisons peine à compenser cette consommation. Le Pentagone ne reçoit actuellement qu’une vingtaine de nouveaux missiles Patriot et une quinzaine de Tomahawk par mois, selon les calendriers de livraison de l’exercice budgétaire en cours. Aucune livraison de THAAD n’est prévue pour 2026. Pour l’exercice 2027, le Pentagone a demandé 857 intercepteurs THAAD et 785 missiles de croisière Tomahawk, contre seulement 55 unités de chaque pour 2026, soit une hausse de 188 % des crédits consacrés à l’approvisionnement en munitions.
Des analystes cités par CNN estiment qu’une poursuite des frappes au rythme observé début juillet pourrait fragiliser la capacité américaine à répondre à un conflit futur, notamment dans la région indopacifique face à la Chine.
Des combats déjà étendus au Golfe
Le conflit ne s’est pas limité au territoire iranien. Début juillet, l’armée iranienne a revendiqué des frappes de drones contre des installations militaires américaines au Koweït, visant notamment un système de défense antiaérienne Patriot. Des tirs de missiles de croisière contre un navire américain avaient également été annoncés par Téhéran. Aux Émirats arabes unis, plus de 500 missiles balistiques et 2 200 drones tirés depuis l’Iran ont été interceptés depuis fin février, un bilan qui a fait 13 morts sur le sol émirati selon les autorités locales. Malgré ce répit annoncé, Trump avait réaffirmé vendredi que le cessez-le-feu conclu en avril était définitivement terminé, tout en assurant que l’armée américaine restait prête à intervenir si nécessaire.
