Volodymyr Zelensky a accusé ce samedi 25 juillet la Russie de fournir une assistance militaire à l’Iran, contredisant ouvertement les propos tenus la veille par Donald Trump. Sur le réseau social X, le président ukrainien annonce le partage avec ses partenaires de renseignements évoquant une surveillance satellite russe active depuis début juillet au-dessus des États du Golfe et des bases américaines qui s’y trouvent.
Des images satellites transmises à Téhéran
Selon les éléments présentés par Zelensky, ces prises de vue russes se retrouvent ensuite entre les mains des autorités iraniennes. Le dirigeant ukrainien affirme avoir constaté une corrélation claire entre ces clichés et les frappes menées par l’Iran, aussi bien en amont des attaques qu’après, pour en mesurer les effets. Il cite un épisode précis : les 19 et 20 juillet, quatre bases aériennes ont été photographiées par des satellites russes, deux au Bahreïn, une en Jordanie et une au Koweït.
Zelensky indique qu’il chargera ses services de renseignement de transmettre ces données à ses partenaires internationaux. Il appelle à une réaction collective, estimant que la Russie doit être arrêtée et que la pression sur l’agresseur doit fonctionner.
Une position à l’opposé de celle de Washington
Ces accusations arrivent au lendemain d’une sortie remarquée de Donald Trump. Le président américain avait affirmé vendredi faire confiance à ses homologues russe et chinois pour ne pas armer l’Iran, rapportant que Vladimir Poutine comme Xi Jinping lui auraient personnellement garanti ne fournir aucune arme à Téhéran. Trump était même allé jusqu’à dire qu’il ne croyait pas ces deux pays impliqués dans le conflit, en contradiction ouverte avec son propre secrétaire à la Défense, qui évoquait quelques jours plus tôt un soutien russe et chinois à différents niveaux.
Le message de Zelensky vient percuter la version défendue par la Maison Blanche, en apportant des éléments là où Trump s’appuyait sur des assurances verbales de Moscou et Pékin. Les services américains eux-mêmes cherchaient déjà à établir si des frappes iraniennes contre des sites liés à la CIA dans le Golfe avaient bénéficié d’un appui russe en matière de ciblage.
Un allié historique remis en question
L’Iran et la Russie entretiennent une coopération militaire étroite depuis le début de la guerre en Ukraine, Téhéran ayant notamment fourni des drones Shahed à Moscou dès l’automne 2022. Cette dépendance croisée nourrit depuis plusieurs mois les soupçons d’un retour d’ascenseur russe sous forme de renseignement ou de technologie, dans un conflit qui a déjà coûté la vie à au moins 18 militaires américains depuis février.
Ni le Kremlin ni Pékin n’ont pour l’instant réagi publiquement aux accusations formulées par Kiev. La publication des données promises par Zelensky pourrait toutefois relancer la pression diplomatique sur Moscou, alors que Washington semble jusqu’ici privilégier l’apaisement avec ses deux grandes puissances rivales sur ce dossier.



