Deux marines de guerre, un port stratégique et un message adressé à Washington : Pékin officialise pour juillet ses manœuvres conjointes avec Moscou, cette fois sur son propre littoral. Le ministère chinois de la Défense a annoncé, dimanche, la tenue des exercices Joint Sea-2026 au large de Qingdao, port militaire de l’est du pays, suivis de patrouilles communes dans une zone non précisée de l’océan Pacifique.
Un dispositif naval déjà mobilisé à Qingdao
Selon le ministère chinois de la Défense, les forces aériennes et maritimes des deux pays opéreront conjointement dans l’espace entourant Qingdao avant qu’une partie des unités engagées ne poursuive vers le Pacifique pour une patrouille commune. L’agence russe RIA Novosti a précisé que la flotte russe du Pacifique avait déjà positionné plusieurs bâtiments sur place, dont un croiseur, une corvette, un sous-marin diesel-électrique et un navire de secours. Le ministère n’a communiqué aucun chiffre sur l’ampleur totale des forces mobilisées.
Ces manœuvres constituent la nouvelle édition d’un exercice organisé sans interruption depuis 2012. L’édition précédente s’était déroulée en 2025 près de Vladivostok, à l’est de la Russie, et avait elle aussi débouché sur une patrouille conjointe dans le Pacifique. Le choix de Qingdao marque cette année un retour du dispositif sur la façade maritime chinoise.
Une annonce qui prolonge la visite de Poutine à Pékin
Ces manœuvres surviennent deux mois après un déplacement du président russe Vladimir Poutine en Chine, où il avait rencontré son homologue Xi Jinping. Poutine avait alors jugé la relation bilatérale « sans précédent« , tandis que Xi Jinping l’avait qualifiée d’inébranlable. Le ministère chinois de la Défense a présenté les manœuvres de juillet comme une initiative destinée à répondre conjointement aux défis sécuritaires et à préserver la paix dans la région, sans détailler la nature de ces défis.
Pékin et Moscou entretiennent des exercices militaires communs depuis plus d’une décennie, une coopération que plusieurs capitales occidentales observent avec une vigilance croissante depuis le déclenchement de l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022. Pékin n’a jamais condamné cette offensive et appelle depuis à l’ouverture de pourparlers de paix, une position que les pays occidentaux jugent insuffisante au regard du soutien économique qu’elle apporterait à l’effort de guerre russe.
Des incursions aériennes déjà signalées par Séoul
L’annonce chinoise intervient alors que Séoul a rapporté, au cours des derniers mois, des incursions d’avions militaires chinois et russes dans sa zone de défense aérienne, un facteur supplémentaire de surveillance pour les pays voisins de la zone Pacifique concernée par les futures patrouilles.
Le ministère chinois de la Défense n’a pas communiqué de date précise de lancement des manœuvres, indiquant seulement qu’elles se dérouleraient au cours du mois de juillet. Aucune précision n’a non plus été donnée sur la zone exacte du Pacifique où les patrouilles conjointes seront menées à l’issue de l’exercice.
