Grâce à la Russie, la Chine tire des leçons de la guerre en Ukraine pour renforcer son armée

L’armée chinoise exploite l’expérience accumulée par la Russie depuis le début de la guerre en Ukraine pour combler son manque d’expérience au combat. Des responsables américains et européens cités par le magazine The Economist le 23 juillet affirment que Pékin bénéficie désormais d’un accès croissant aux données, à la formation et aux technologies militaires issues du conflit ukrainien.

Un partenariat militaire en pleine accélération depuis 2022

Moscou et Pékin ont multiplié les rapprochements militaires depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine. Exercices navals conjoints en mer Jaune, patrouilles aériennes stratégiques au-dessus du Pacifique, formations croisées de personnels : les deux armées ont intensifié leurs échanges au fil des trois dernières années. La dernière édition de l’opération navale Joint Sea, menée en juillet 2026 au large de Qingdao, a par exemple associé pour la première fois des sous-marins des deux marines. Ce rapprochement s’étendrait désormais à un terrain plus sensible, celui du transfert direct d’enseignements tirés du champ de bataille ukrainien.

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Des données de guerre collectées puis transmises aux industriels

Selon les sources citées par The Economist, des équipes chinoises stationnées près de la ligne de front observent les opérations sur le terrain avant de transmettre leurs observations aux fabricants d’armement du pays. Ce mécanisme rappellerait celui déjà mis en place entre les forces ukrainiennes et leurs fournisseurs occidentaux. Les enseignements recueillis porteraient notamment sur les assauts contre des postes de commandement, les combats en tranchées et en zones boisées, ainsi que la pose de champs de mines et les techniques de médecine de terrain.

L’armée populaire de libération disposerait par ailleurs d’un accès privilégié aux performances réelles des drones russes, via les entreprises chinoises qui fournissent l’essentiel de ces appareils à Moscou. La Chine occupe aujourd’hui la position de premier producteur mondial de drones civils, un atout qu’elle pourrait transformer en avantage stratégique dans un conflit impliquant des essaims de drones à grande échelle. Des revues militaires internes à l’institution manifestent un intérêt particulier pour les données russes concernant les armements américains et alliés, dont les lance-roquettes HIMARS, également utilisés par Taïwan.

Un accès élargi à des technologies militaires sensibles

Selon des responsables américains et alliés cités par The Economist, le rapprochement entre les deux pays offrirait aussi à Pékin des moyens de pression pour obtenir des technologies que le Kremlin refusait auparavant de partager. Ces mêmes responsables redoutent en particulier une assistance russe à la production de sous-marins nucléaires chinois plus silencieux, jugés indispensables par l’état-major chinois en cas de confrontation prolongée avec les États-Unis autour de Taïwan.

Toujours d’après ces sources, Moscou dispose de décennies de données sur les signatures acoustiques des sous-marins américains, un savoir-faire qui faciliterait leur détection en cas de conflit. La Chine collecterait elle aussi ce type de données depuis peu, mais avec une expérience jugée encore limitée dans leur interprétation, précisent les responsables américains interrogés par le magazine britannique. Des mises à niveau des systèmes chinois de défense aérienne et antimissile figureraient également parmi les transferts redoutés par les analystes occidentaux cités dans l’enquête.

« Un avantage dans une future guerre contre Taïwan » pourrait résulter de cette accumulation de savoir militaire, selon l’analyse relayée par The Economist. L’armée chinoise n’a plus été engagée dans un conflit armé depuis son affrontement frontalier avec le Vietnam en 1979, un facteur qui pousserait Pékin à rechercher activement une expérience de combat par procuration. Des opérations aériennes ou navales russes menées ailleurs en Asie pourraient, selon les mêmes analystes, détourner une partie des ressources américaines et alliées normalement mobilisables pour la défense de Taïwan en cas de crise.

1 réflexion au sujet de “Grâce à la Russie, la Chine tire des leçons de la guerre en Ukraine pour renforcer son armée”

  1. Ces deux-là se soutiennent bien plus qu’on ne le croit. C’est un paramètre que les otaniens négligent : la Chine ne laissera JAMAIS tomber la Russie. Ensemble, ils ne peuvent pas perdre.

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