Le président nigérien Abdourahamane Tiani a affirmé, samedi 25 juillet 2026, détenir des éléments prouvant l’implication de la France dans les attaques visant l’aéroport de Niamey. Ces déclarations sont intervenues lors d’un entretien télévisé marquant le troisième anniversaire du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP).
Des accusations précises sur l’attaque du 18 juin
Selon le chef de l’État, l’assaut mené contre l’aéroport international Diori Hamani le 18 juin dernier aurait été conduit par des mercenaires issus du Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), regroupés et entraînés par les services français. Le bilan officiel communiqué par les autorités nigériennes à l’époque faisait état de 13 morts, dont 11 membres des forces de défense et de sécurité, ainsi que 22 assaillants neutralisés — un chiffre distinct de celui de l’attaque précédente contre le même site, revendiquée en janvier 2026 par l’État islamique et ayant fait 20 morts côté assaillants. Le JNIM avait revendiqué l’attaque de juin dès le jour même des faits.
Tiani a également évoqué un dispositif logistique fourni aux combattants, chaque assaillant ayant selon lui reçu deux téléphones, dont un modèle Techno Spark et un IT 5606. Il a affirmé que deux jours avant l’attaque, un commando visant le palais présidentiel et le centre d’instruction de Tondibia avait été intercepté, tandis qu’un second groupe repéré près de l’aéroport aurait compté des commanditaires ayant réussi à fuir.
Une guerre informationnelle selon Niamey
Le président nigérien a présenté ces attaques comme visant deux objectifs : contraindre au maintien des militaires occidentaux sur la base aérienne de Niamey, et alimenter ce qu’il qualifie de guerre informationnelle, orchestrée selon lui par une cellule dédiée au Sahel mise en place à l’Élysée en août 2024. Cette structure viserait, toujours selon Tiani, à démontrer une incapacité des pays africains à s’autodéterminer.
Le chef de l’État a par ailleurs rappelé l’ultimatum d’une semaine formulé par Paris après le renversement du président Mohamed Bazoum en juillet 2023, ainsi que le rôle de la CEDEAO, sollicitée selon lui par la France pour exiger un retour à l’ordre constitutionnel. Il a élargi son propos à l’ensemble des pays dirigés par des autorités militaires issues de coups d’État au Sahel, citant les cas du Mali et du Burkina Faso.
Des démentis systématiques de Paris
Ces nouvelles accusations n’ont, à l’heure actuelle, fait l’objet d’aucune réaction de Paris. Lors des précédentes mises en cause formulées par Tiani, notamment après l’attaque de janvier 2026 contre le même aéroport, la France avait systématiquement rejeté ces allégations : le porte-parole de l’état-major français des Armées, le colonel Guillaume Vernet, les avait qualifiées de guerre de l’information, tandis que le Quai d’Orsay avait démenti toute formation de groupes terroristes sur des bases militaires françaises. Aucune preuve matérielle indépendante n’a par ailleurs été rendue publique par Niamey à l’appui des faits avancés par le président nigérien.



