Quatre-vingt-cinq installations militaires visées en une seule nuit : c’est l’ampleur de la riposte revendiquée par l’Iran contre deux alliés du Golfe des États-Unis. Le Corps des Gardiens de la révolution islamique a annoncé mercredi avoir frappé des bases américaines situées au Bahreïn et au Koweït, en réponse à de nouvelles frappes américaines menées quelques heures plus tôt contre le sud du territoire iranien, dans la province du Hormozgan et la ville portuaire de Mahshahr.
Cette escalade fait suite à une attaque contre trois navires marchands dans le détroit d’Ormuz, dont un pétrolier qatari et un pétrolier saoudien. Les États-Unis ont justifié leurs frappes par la nécessité de répondre à cette attaque, qu’ils attribuent à Téhéran. Washington a parallèlement annoncé la révocation de la licence qui autorisait l’Iran à vendre ouvertement du pétrole brut sur le marché international, une mesure qui prive le pays d’un canal commercial obtenu dans le cadre d’un accord intérimaire signé en Suisse.
Un mort côté iranien, sirènes activées dans le Golfe
L’agence semi-officielle Tasnim a rapporté la mort d’un membre de la marine des Gardiens de la révolution, tué lors d’un affrontement avec des drones américains à Bandar Mahshahr. Aucune perte humaine n’a en revanche été signalée côté américain à ce stade. Des sirènes d’alerte ont retenti à Bahreïn et au Koweït au moment des frappes iraniennes, contraignant les populations à se mettre à l’abri.
Le ministère iranien des Affaires étrangères a dénoncé une action américaine constituant, selon lui, une violation de l’article 2 paragraphe 4 de la Charte des Nations unies, ainsi qu’un manquement au protocole d’accord sur la fin de la guerre signé quelques semaines plus tôt. Le ministère a rappelé aux pays voisins du Golfe leur obligation de ne pas laisser leur territoire servir de base à des opérations hostiles contre l’Iran, précisant que toute coopération en ce sens serait considérée comme une complicité d’agression.
Un scénario déjà observé fin juin
Cette séquence rappelle un épisode similaire survenu le 28 juin, lorsque les mêmes bases américaines au Bahreïn et au Koweït avaient déjà été visées par Téhéran après une précédente série de frappes américaines. Cet épisode avait fait un mort, un civil qatari touché par des éclats d’obus, et endommagé un immeuble résidentiel à Muharraq, au Bahreïn. Les deux séquences s’inscrivent dans le cadre du mémorandum d’accord signé à Genève, qui prévoyait la cessation des hostilités entre les deux pays.
Le Corps des Gardiens de la révolution avait alors averti que toute nouvelle violation du cessez-le-feu entraînerait un arrêt complet de tous les processus en cours, selon des propos rapportés par Tasnim. La répétition de ce schéma, à moins de deux semaines d’intervalle, fragilise l’accord conclu entre Washington et Téhéran. Le Conseil de sécurité des Nations unies, auquel l’Iran a adressé un rappel de ses responsabilités, n’a pas encore réagi publiquement à cette nouvelle flambée de violence dans le détroit d’Ormuz.
