Guerre en Iran : les Houthis, alliés de Téhéran, ouvrent un nouveau front contre l'Arabie saoudite

Deux pétroliers saoudiens, l’Encelia et le Layla, auraient été visés le 22 juillet par des tirs de missiles et de drones en mer Rouge, selon une revendication des Houthis. L’incendie déclenché à la proue de l’Encelia a été confirmé par l’agence saoudienne SPA, qui précise que l’ensemble de l’équipage a été évacué sain et sauf.

Un blocus naval revendiqué par les rebelles yéménites

Le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, a annoncé que l’opération visait à sanctionner une violation du blocus maritime que le mouvement impose désormais aux navires saoudiens. Il a précisé que l’attaque combinait « missiles balistiques, de croisière et drones ». Plusieurs pétroliers ont modifié leur trajectoire dès le lendemain, une partie d’entre eux choisissant de contourner la zone par le canal de Suez.

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Ce blocus, annoncé quelques jours plus tôt par le mouvement basé à Sanaa, marque une rupture stratégique : jusqu’ici, les cibles privilégiées des Houthis en mer Rouge étaient des navires liés à Israël, dans le sillage de la guerre à Gaza déclenchée en 2023. Le cessez-le-feu conclu à Gaza en octobre 2025 avait mis un terme temporaire à cette campagne. Le choix de viser désormais l’Arabie saoudite traduit un déplacement de la ligne de front vers le conflit qui oppose l’Iran aux États-Unis depuis plusieurs semaines.

L’Iran resserre simultanément son étau sur le détroit d’Ormuz

Le lien entre Téhéran et les Houthis, qu’elle arme et finance depuis des années dans le cadre de son réseau d’alliances régionales, n’a pas donné lieu à une revendication officielle iranienne pour cette attaque précise. Un responsable houthi du bureau politique, Mohammed al-Bukhaiti, avait toutefois indiqué en amont que le mouvement comptait cibler les navires des pays impliqués dans les opérations militaires visant l’Iran, présentant cette mesure comme un geste de solidarité stratégique.

La coïncidence temporelle interroge : au moment même où les pétroliers saoudiens étaient visés, les Gardiens de la révolution iraniens affirmaient contrôler « complètement » le détroit d’Ormuz, avertissant qu’aucun navire n’y transiterait sans coordination avec Téhéran. Un pétrolier aurait pris feu la veille dans cette zone, selon les Gardiens, qui évoquent une route minée au sud du détroit.

Ces deux fronts maritimes s’ouvrent alors que les forces américaines ont mené une douzième nuit consécutive de frappes contre des cibles iraniennes. Le détroit d’Ormuz concentre à lui seul environ 20% du trafic pétrolier mondial, ce qui donne à la fermeture annoncée par Téhéran un poids économique considérable, distinct de celui du blocus houthi en mer Rouge.

Une escalade qui inquiète les instances internationales

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a mis en garde contre le risque d’un conflit régional « encore plus large » si le blocus se poursuivait. Le prix du baril de Brent a grimpé de 2,1% jeudi matin, atteignant 96,08 dollars, tandis que le WTI américain progressait de 1,5% à 88,06 dollars. L’Arabie saoudite n’a pas commenté publiquement l’attaque visant le second navire, le Layla, ni annoncé de représailles à ce stade.

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