Mali : le général Dao révèle comment Kidal a servi d'appât aux groupes armés à Anéfis

Une manœuvre militaire mûrement réfléchie aurait attiré les groupes armés dans un piège fatal autour d’Anéfis. Invité du journal télévisé de 20 heures de l’ORTM le 10 juillet 2026, le chef d’État-Major général des Armées maliennes, le Général de Division Elysée Jean Dao, a détaillé la stratégie ayant permis aux Forces armées maliennes (FAMa) d’infliger de lourdes pertes aux groupes armés retranchés dans la région de Kidal.

Un leurre savamment orchestré

Selon le général Dao, les groupes armés auraient été délibérément amenés à croire qu’ils pouvaient poursuivre leur progression vers Kidal, avant de concentrer l’essentiel de leurs moyens à Anéfis. Cette localité, selon lui, constitue une voie de sortie stratégique reliant Kidal à Gao, tout en donnant accès au Tamesna, à In Tédjaïni et au Tilemsi. La prise d’Anéfis aurait permis aux groupes armés de menacer le dispositif des FAMa en direction d’Aguelhok, une éventualité que l’armée malienne affirme avoir anticipée.

Les vastes plaines entourant la localité auraient ensuite favorisé les opérations militaires, permettant de neutraliser une grande partie des moyens engagés par l’adversaire. D’après le chef d’État-Major, les groupes armés disposaient d’un équipement comparable à celui d’une armée régulière, incluant blindés, mitrailleuses antiaériennes et canons antichars.

Un bilan matériel revendiqué

L’État-Major général des Armées affirme avoir détruit quatorze engins blindés, un chiffre révisé après que les opérations de ratissage en ont localisé quatre supplémentaires. Vingt-quatre véhicules équipés d’armements lourds, notamment des canons antiaériens ZU-23 et des mitrailleuses de 14,5 mm, auraient également été détruits, aux côtés d’une trentaine de véhicules tactiques et d’environ 300 motos.

Ces chiffres s’ajoutent à un bilan plus large communiqué par l’État-Major le 10 juillet, faisant état de plus d’un millier d’assaillants neutralisés depuis les attaques coordonnées du 4 juillet contre plusieurs localités maliennes, dont Gao, Aguel-Hoc, Sévaré et Kénioroba. Le terme « neutralisés » englobe, selon l’armée, des situations diverses sans distinction précise entre tués, blessés ou capturés.

Le général Dao a reconnu la mort d’une trentaine de militaires maliens lors de ces opérations, tout en assurant que les résultats obtenus demeuraient significatifs. « Les forces armées maliennes n’accordent aucune pitié aux ennemis de la République », avait indiqué l’État-Major dans un communiqué antérieur relatif aux opérations d’Anéfis.

Une reconstitution rapide des capacités adverses

Le chef d’État-Major a par ailleurs évoqué la rapidité avec laquelle les groupes armés parviennent à reconstituer leurs moyens malgré les pertes subies, une dynamique déjà observée après les opérations du 25 avril. Il a évoqué l’existence de soutiens extérieurs bénéficiant à ces groupes, sans toutefois désigner de pays ni présenter d’éléments de preuve.

Un convoi logistique de plus de 900 camions-citernes a par ailleurs rallié Ménaka sous escorte des FAMa, une opération que le général Dao présente comme révélatrice de l’évolution des modes d’action des groupes armés, désormais davantage tournés contre les populations civiles et les voyageurs selon lui.

L’État-Major général des Armées a annoncé la poursuite des opérations de ratissage et de neutralisation sur l’ensemble du territoire malien, jusqu’à la réduction complète des capacités opérationnelles des groupes armés actifs dans le nord et le centre du pays.

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