Deux éliminations, deux polémiques arbitrales. Après l’Égypte en huitièmes de finale, c’est au tour de la Suisse de contester une décision clé ayant coûté son parcours face à l’Argentine, samedi à Kansas City, en quart de finale de la Coupe du monde 2026. Battue 3-1 après prolongation, l’équipe suisse pointe du doigt l’exclusion de son attaquant Breel Embolo, validée après intervention de la VAR.
Un carton rouge controversé au cœur du débat
Averti une première fois, Embolo écope d’un second carton jaune pour simulation dans la seconde période. Les images passées au crible par l’arbitrage vidéo concluent à l’absence de faute sur l’intervention de Leandro Paredes. À dix contre onze alors qu’elle tient tête aux champions du monde en titre, l’équipe suisse craque à deux reprises durant les prolongations.
Le sélectionneur Murat Yakin critique vivement la décision en conférence de presse. “Cette décision était tout simplement incroyable, je suis totalement en désaccord”, déclare-t-il, estimant qu’un contact clair n’a pas été retenu par l’arbitre portugais João Pinheiro ni par la VAR. Le technicien évite toutefois d’accuser directement l’arbitrage de favoritisme envers l’Argentine, jugeant la rencontre « juste et ouverte » jusqu’à cet épisode. Le capitaine Granit Xhaka exprime lui aussi sa frustration, estimant que l’expulsion a fait basculer la rencontre, tout en saluant le parcours de son équipe jusqu’en quarts de finale, une première depuis 1954.
Un climat de suspicion alimenté par l’affaire égyptienne
Cette controverse suisse survient quelques jours après une contestation bien plus frontale émanant de l’Égypte. La fédération égyptienne de football saisit officiellement la FIFA pour réclamer l’exclusion de l’arbitre français François Letexier du reste du tournoi, après la défaite des Pharaons 3-2 face à l’Argentine en huitièmes de finale. Elle reproche à l’officiel d’avoir ignoré plusieurs situations litigieuses, dont un but potentiellement valable et un penalty non sifflé en sa faveur. Le sélectionneur égyptien évoque, de son côté, une influence exercée par le camp argentin sur les décisions de l’arbitre.
La désignation de Pinheiro pour le quart de finale suscite elle-même des débats avant même le coup d’envoi. L’arbitre portugais a déjà officié lors de la victoire suisse 4-1 contre la Bosnie-Herzégovine en phase de groupes, où il a accordé un penalty à l’équipe suisse. Sa présence sur ce nouveau match alimente des spéculations, notamment côté argentin, où une décision controversée prise lors d’un match de Ligue des champions entre le Bayern Munich et le Paris Saint-Germain, plus tôt dans la saison, est rappelée par la presse locale.
Vers un examen approfondi des prestations arbitrales
Aucune plainte officielle n’a pour l’heure été déposée par la fédération suisse de football auprès de la FIFA, contrairement à la démarche égyptienne. L’instance mondiale n’a pas communiqué sur une éventuelle révision des désignations arbitrales pour les demi-finales, prévues à partir du 14 juillet à Dallas, où s’affrontent la France et l’Espagne. L’Argentine, qualifiée pour le dernier carré, y affronte le vainqueur du match entre l’Angleterre et la Norvège.



