Un but refusé, un penalty jamais sifflé, une élimination controversée : la FIFA a dû sortir de son silence ce jeudi 9 juillet pour défendre ses arbitres, visés par une vague d’accusations après le huitième de finale mouvementé entre l’Argentine et l’Égypte. Par la voix de son responsable de l’arbitrage, l’instance a détaillé, sur son site officiel, les mécanismes ayant conduit à deux décisions litigieuses de ce match à rebondissements, remporté 3-2 par les champions du monde argentins après avoir été menés 2-0.
Pierluigi Collina, ancien arbitre italien devenu patron de la commission d’arbitrage de la Coupe du Monde, a choisi de répondre point par point aux critiques égyptiennes plutôt que de laisser la polémique enfler. Selon lui, l’annulation du but de Mostafa Zico, obtenu à la faveur d’une contre-attaque express, reposait sur un fait de jeu limpide : Marwan Attia avait marché sur le pied de Lisandro Martínez au début de l’action, plusieurs dizaines de mètres avant la conclusion. Peu importe la distance parcourue ou le temps écoulé entre la faute et la réalisation du but, a-t-il insisté, la vidéo-assistance avait le devoir d’intervenir dès lors qu’un contact fautif était identifié.
Une explication qui vise aussi le penalty refusé à Salah
Le second point de crispation concernait l’absence de penalty en faveur de Mohamed Salah, quelques secondes avant que l’Argentine ne file marquer le but victorieux par l’intermédiaire d’Enzo Fernández dans le temps additionnel. Collina a tranché en faveur de l’arbitre de terrain, François Letexier : le contact entre Salah et l’attaquant argentin Julián Álvarez relevait, selon lui, d’un duel normal et non d’une faute sanctionnable, le défenseur ayant touché le ballon avant tout contact physique.
Le dirigeant italien a profité de l’occasion pour couper court aux soupçons d’un arbitrage téléguidé depuis les sommets de l’institution. « Nous ne sommes influencés par personne », a-t-il affirmé, balayant les spéculations selon lesquelles le président Gianni Infantino aurait pesé sur la nomination ou les décisions des officiels pour maintenir en lice la sélection de Lionel Messi.
Une colère égyptienne qui ne s’est pas éteinte sur le terrain
Les propos de Collina interviennent après une sortie très remontée du sélectionneur égyptien Hossam Hassan, qui avait dénoncé au coup de sifflet final un scénario écrit d’avance et des intérêts commerciaux favorisant l’Argentine. La Fédération égyptienne de football, présidée par Hany Abo Rida, a par ailleurs entamé des démarches pour contester officiellement la prestation de François Letexier et de son équipe auprès des instances compétentes.
Au-delà du cas égyptien, cette sortie médiatique de la FIFA intervient dans un climat déjà tendu autour de l’arbitrage du tournoi. L’affaire du carton rouge infligé à Folarin Balogun, finalement annulé par la commission de discipline après une intervention téléphonique attribuée à Donald Trump auprès de Gianni Infantino, avait déjà nourri les critiques sur l’indépendance des décisions disciplinaires. Avec cette édition 2026, la FIFA a fait disputer 50 % de matches supplémentaires par rapport au Qatar 2022, un volume que Collina invoque pour justifier une marge d’erreur inévitable sur certaines phases de jeu.
L’instance a désormais huit rencontres à superviser avant la finale, à commencer par les quarts de finale qui débutent ce jeudi soir avec la confrontation entre la France et le Maroc. La FIFA n’a pas précisé si une réponse officielle serait apportée à la plainte annoncée par la Fédération égyptienne de football.



