La composante navale de la dissuasion nucléaire russe gagne en puissance, selon les mots du président Vladimir Poutine. Dans un message adressé à l’occasion de la Journée de la Marine, célébrée le 25 juillet en Russie, le chef de l’État a salué la montée en puissance continue des forces navales du pays.
Un message pour la Journée de la Marine
Le président russe a affirmé que les marins russes développent leur capacité à « s’adapter rapidement à tout changement de situation stratégique et tactique », selon ses propos rapportés à cette occasion. Il a également estimé que les forces navales sont désormais en mesure de résoudre efficacement l’ensemble des missions qui leur sont confiées. Cette progression, selon lui, s’appuie autant sur les centres d’entraînement que sur l’expérience acquise lors d’opérations militaires réelles.
Poutine a insisté sur la position géographique du pays, bordé par treize mers, qu’il présente comme un facteur déterminant pour la défense nationale et la protection des intérêts russes en haute mer. La construction en série de bâtiments de guerre et de navires spécialisés se poursuivrait, tout comme la modernisation des équipements livrés aux unités sous-marines, de surface, côtières et aéronavales.
La flotte sous-marine, pilier de la seconde frappe
Cette déclaration confirme le rôle stratégique attribué à la marine dans l’architecture nucléaire russe. Aux côtés des missiles balistiques intercontinentaux terrestres et des bombardiers à long rayon d’action, les sous-marins lanceurs d’engins forment le troisième pilier de la triade nucléaire de Moscou. Les autorités russes présentent régulièrement cette flotte sous-marine comme la composante la plus difficile à neutraliser en cas de frappe adverse, ce qui en ferait la garantie principale d’une riposte nucléaire.
Cette place accordée à la marine ne date pas d’hier : déjà pendant la Guerre froide, les sous-marins lanceurs d’engins soviétiques constituaient l’un des trois piliers de la dissuasion de l’URSS, aux côtés des forces de missiles stratégiques terrestres et de l’aviation à long rayon d’action. La flotte du Nord, basée près de la mer de Barents, et celle du Pacifique concentrent aujourd’hui l’essentiel de cette force de dissuasion sous-marine, dans un cadre où plusieurs zones d’opération traditionnelles de la marine russe, comme la mer Noire ou la Méditerranée, se sont trouvées fragilisées depuis 2022.
Une modernisation revendiquée par le Kremlin
Le discours présidentiel intervient quelques jours après une annonce du Kremlin faisant état d’un niveau d’alerte maximal pour la flotte nucléaire stratégique russe, le 16 juillet. Le conseiller présidentiel Nikolaï Patrouchev avait alors assuré que les forces navales opéraient à pleine capacité dans l’ensemble des océans du globe.
Moscou souligne par ailleurs le développement de systèmes navals présentés comme de nouvelle génération, à l’image du drone sous-marin Poséidon, conçu pour renforcer la capacité de représailles du pays. Le déploiement de sous-marins de la classe Boreï-A, dont un exemplaire a été inauguré fin juillet 2025 à Severodvinsk, montre la poursuite de ce programme de modernisation, présenté par les autorités russes comme devant s’étendre jusqu’en 2050.
