Une procédure canonique visant Cristóbal López Romero, archevêque de Rabat, bouleverse l’Église catholique au Maroc. L’annonce a été faite mardi par le prélat lui-même, après l’ouverture d’une enquête préliminaire par les autorités du Vatican à la suite d’accusations d’agressions sexuelles formulées par cinq femmes.
Le cardinal espagnol a annoncé son retrait temporaire de toute activité publique et pastorale pendant la durée des investigations. Dans un communiqué diffusé par l’archidiocèse de Rabat, il explique avoir pris cette décision afin de ne pas interférer avec la procédure canonique engagée par les instances compétentes de l’Église catholique.
Le cardinal suspend ses activités publiques
Âgé de 73 ans, Cristóbal López Romero indique que les accusations portent sur des comportements présumés inappropriés envers des femmes adultes. Le dossier est désormais examiné par les autorités romaines chargées d’appliquer le droit canonique, qui prévoit l’ouverture d’une enquête préliminaire lorsqu’un signalement est jugé suffisamment crédible pour être examiné.
Le cardinal affirme collaborer pleinement avec cette procédure interne. Pendant toute sa durée, il ne présidera plus de célébrations publiques et ne participera à aucune activité pastorale. Cette mise en retrait est présentée comme une décision volontaire et ne constitue pas une sanction disciplinaire. Le prélat conserve son titre et ses fonctions ecclésiastiques jusqu’à l’issue de l’enquête.
Face aux accusations, il conteste catégoriquement les faits qui lui sont reprochés. « Je n’ai commis aucune agression, aucune violence ni aucun harcèlement sexuel », affirme-t-il dans son message adressé aux fidèles, tout en reconnaissant que cette affaire suscite de nombreuses interrogations au sein de la communauté catholique.
Aucune plainte enregistrée devant la justice marocaine
Les accusations concernent cinq femmes qui dénoncent de présumées agressions sexuelles. À ce stade, des sources judiciaires marocaines citées par l’agence EFE indiquent qu’aucune plainte n’a été déposée devant les juridictions du Maroc contre le cardinal.
L’enquête actuellement ouverte relève exclusivement du droit canonique, c’est-à-dire de la justice interne de l’Église catholique. Cette procédure permet au Vatican d’évaluer les éléments recueillis avant de décider de l’ouverture éventuelle d’un procès canonique ou d’autres mesures disciplinaires. Aucun calendrier officiel n’a été communiqué concernant la durée de cette phase préliminaire.
Le retrait annoncé par Cristóbal López Romero vise uniquement à garantir le bon déroulement de l’instruction ecclésiastique. Aucune décision n’a été rendue sur le fond des accusations.
Une nouvelle affaire dans une Église marquée par les scandales
Cette procédure intervient alors que l’Église catholique reste confrontée aux conséquences de plusieurs scandales d’abus sexuels révélés ces dernières années. L’un des dossiers les plus emblématiques demeure celui de l’ancien cardinal américain Theodore McCarrick, renvoyé de l’état clérical en 2019 après avoir été reconnu coupable, au terme d’une procédure canonique, d’abus sexuels sur des mineurs et des adultes.
Depuis, le Vatican a renforcé ses règles de traitement des signalements, notamment à travers le motu proprio Vos estis lux mundi, promulgué en 2019 par le pape François puis rendu permanent en 2023. Ce texte fixe les procédures applicables aux enquêtes concernant les évêques et les cardinaux accusés d’abus ou de dissimulation.
Les autorités romaines devront désormais déterminer, à l’issue de l’enquête préliminaire, si les éléments recueillis justifient l’ouverture d’une procédure canonique plus approfondie ou le classement du dossier. Aucune échéance n’a été annoncée pour cette décision.
