Une nouvelle fracture secoue l’opposition ivoirienne. En Côte d’Ivoire, des membres dissidents du Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA) ont réclamé, lundi, le départ de Tidjane Thiam de la présidence du parti. Au cours d’une rencontre organisée à Abidjan, ils ont également appelé à la convocation d’un nouveau congrès afin de désigner un nouveau dirigeant, comme l’a rapporté France 24.
Les contestataires reprochent à Tidjane Thiam son éloignement prolongé du pays ainsi que sa manière de conduire les affaires du parti. Ils estiment que cette situation fragilise le PDCI-RDA à l’approche des prochaines échéances politiques et compromet sa capacité à préparer efficacement les futurs rendez-vous électoraux.
Les dissidents réclament une nouvelle direction
Les responsables de cette fronde considèrent que le maintien de Tidjane Thiam à la tête du PDCI-RDA n’est plus compatible avec les défis auxquels fait face la principale formation de l’opposition. Ils demandent l’organisation d’un congrès extraordinaire destiné à élire un nouveau président.
L’un de leurs principaux arguments repose sur l’absence répétée de Tidjane Thiam du territoire ivoirien. Les dissidents jugent que cette situation empêche une gestion quotidienne du parti et ralentit les prises de décision.
Aucune annonce officielle de la direction du PDCI-RDA ne faisait toutefois état, à ce stade, d’une remise en cause de la présidence de Tidjane Thiam. Son entourage continue d’affirmer qu’il conserve l’appui de la majorité des structures du parti.
Des divisions qui perdurent depuis son arrivée
Cette nouvelle contestation prolonge une série de tensions apparues après l’élection de Tidjane Thiam à la tête du PDCI-RDA après le décès de Henri Konan Bédié, qui dirigeait le parti depuis près de trente ans.
Dès son accession à la présidence, plusieurs cadres historiques avaient exprimé des réserves sur les modalités de son élection ainsi que sur son retour à la vie politique ivoirienne après une longue carrière internationale. Des recours judiciaires avaient également été engagés autour de sa situation administrative et de sa nationalité, alimentant les divisions internes.
Au fil des mois, plusieurs figures du PDCI ont appelé à une gouvernance plus collégiale, tandis que les soutiens de Tidjane Thiam défendaient un projet de modernisation destiné à préparer l’alternance politique. Ces désaccords ont progressivement opposé deux visions de l’avenir du parti : l’une favorable à une profonde restructuration de son fonctionnement, l’autre attachée aux équilibres historiques de la formation politique.
Une période décisive pour le PDCI-RDA
Cette nouvelle crise intervient alors que le PDCI-RDA cherche à préserver son unité après plusieurs mois de débats internes. Les appels à la démission de Tidjane Thiam pourraient raviver les rivalités entre différents courants du parti, au moment où celui-ci tente de consolider son organisation.
Créé en 1946, le PDCI-RDA demeure l’un des plus anciens partis politiques d’Afrique de l’Ouest et a dirigé la Côte d’Ivoire durant plusieurs décennies après l’indépendance. Son fonctionnement est encadré par des statuts qui prévoient la tenue de congrès pour désigner son président ainsi que les principales instances dirigeantes.
Pour l’heure, aucune date n’a été annoncée pour un éventuel congrès extraordinaire. La direction du PDCI-RDA devrait se prononcer sur les revendications des dissidents dans les prochains jours, alors que les tensions internes continuent de peser sur l’avenir du parti.
