Un élu américain propose de sanctionner le Canada à cause de la fumée des feux de forêt

Vingt États américains ont émis des alertes à la qualité de l’air cette semaine à cause de la fumée provenant d’incendies canadiens. À Washington, l’indice de qualité de l’air atteignait 212 vendredi matin, contre 134 à New York, selon les données rapportées par le Washington Examiner.

Face à cette situation, le sénateur républicain de l’Ohio Bernie Moreno a annoncé jeudi son intention de déposer la semaine prochaine un projet de loi visant à sanctionner le Canada et les responsables canadiens qu’il juge fautifs. « Je déposerai la semaine prochaine un projet de loi pour sanctionner le Canada et les responsables gouvernementaux canadiens pour cette atrocité« , a-t-il écrit sur X.

Un texte baptisé CANADA FIRE Act

Le texte, dont une version préliminaire a été dévoilée vendredi, obligerait le président Donald Trump à statuer sur la responsabilité des feux canadiens dans la dégradation de la qualité de l’air américaine. Il prévoit également des sanctions financières contre les fonctionnaires canadiens jugés responsables, incluant le gel de leurs avoirs, ainsi que la révocation de leurs visas.

Le projet de loi demanderait par ailleurs au secrétaire d’État Marco Rubio de déclarer certains responsables canadiens persona non grata jusqu’à ce que Trump certifie que l’indice de qualité de l’air reste sous la barre des 100 pendant 90 jours consécutifs après la fin des épisodes de fumée. Ce statut diplomatique retirerait temporairement leur immunité sur le sol américain.

Le bureau du sénateur reproche au gouvernement canadien un manque d’investissement dans la prévention des incendies — éclaircissement forestier, réduction du combustible végétal, brûlages dirigés et lutte contre les incendies volontaires. Les feux à l’origine de la fumée actuelle brûlent dans le nord-ouest de l’Ontario et le nord du Minnesota.

Une lettre de quatre élus du Michigan

L’initiative de Moreno fait suite à une lettre adressée cette semaine au premier ministre canadien Mark Carney par quatre représentants républicains du Michigan : John James, Jack Bergman, John Moolenaar et Lisa McClain. Les signataires y dénoncent une négligence répétée, écrivant qu’il s’agit « de la troisième année consécutive » où ils doivent alerter les autorités canadiennes sur une crise évitable.

Les élus menacent d’une intervention américaine directe si aucune mesure supplémentaire n’est prise. Selon eux, les agences fédérales américaines pourraient explorer une implication directe dans la réduction du combustible forestier et la lutte contre les incendies au-delà de la frontière. D’après le média canadien CBC News, Carney n’aurait pas répondu directement à cette lettre, se limitant à évoquer une responsabilité partagée entre les deux pays face au changement climatique.

Un impact économique dans les Grands Lacs

Au-delà des enjeux sanitaires, la fumée affecterait aussi l’économie régionale. Le secteur touristique du Michigan serait particulièrement touché en pleine saison estivale, période où des centaines de milliers de familles de la région de Détroit se rendent habituellement dans le nord de l’État pour profiter des Grands Lacs.

Des villes comme Chicago, Cleveland, Détroit et Minneapolis auraient enregistré jeudi des niveaux de pollution atmosphérique jugés dangereux. Le sénateur Moreno a lui-même montré la situation en partageant une photo d’un boulevard de Cleveland désert, ses immeubles noyés dans la brume.

Il s’agit du troisième été consécutif où des feux de forêt canadiens provoquent des épisodes majeurs de pollution atmosphérique aux États-Unis, un phénomène qui alimente depuis 2023 les tensions diplomatiques entre les deux pays sur la gestion forestière transfrontalière.

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