Coupe du monde 2026 : pourquoi Mbappé, seul, a une bonne raison de jouer la petite finale

Kylian Mbappé devrait disputer la petite finale du Mondial samedi 18 juillet à Miami, alors qu’une partie de ses coéquipiers aborderait ce rendez-vous sans enthousiasme. Contrairement à plusieurs cadres pressentis pour souffler, l’attaquant du Real Madrid serait maintenu dans le onze titulaire face à l’Angleterre.

Un Soulier d’or à portée de main

L’enjeu tient à une statistique : Mbappé partage la tête du classement des buteurs du Mondial avec Lionel Messi, huit réalisations chacune. Deux joueurs anglais, Harry Kane et Jude Bellingham, comptent six buts et pourraient recoller au duo en cas de doublé samedi. Le Français, sacré Soulier d’or en 2022, jouerait donc sa dernière carte statistique avant la clôture du tournoi, alors que Messi disputera au même moment la finale contre l’Espagne.

La FIFA départage les ex-aequo aux buteurs par les passes décisives : sur ce critère, Messi mène déjà avec quatre offrandes contre trois pour Mbappé, après avoir délivré deux passes lors de la demi-finale argentine face aux Anglais. Un but supplémentaire de Mbappé samedi resterait donc insuffisant si Messi égalait la marque en finale — sauf si l’écart aux passes décisives ne bougeait pas.

Un vestiaire découragé

L’ambiance générale du groupe tranche avec la détermination supposée du capitaine. Selon des propos rapportés par L’Équipe et attribués à l’entourage de plusieurs joueurs, le groupe « était là pour autre chose » et se dirait « dégoûté de devoir jouer » ce match sans enjeu collectif — un découragement qui tiendrait davantage à la déception de l’élimination qu’à un refus de participer. Sélectionneur des Bleus, Didier Deschamps disputera pourtant sa 185ᵉ et dernière rencontre à ce poste samedi, avant de céder sa place à Zinedine Zidane après quatorze années de mandat entamées en 2012.

Deschamps a par ailleurs reconnu la difficulté du moment, tout en appelant à l’exemplarité jusqu’au bout de la compétition : « il faut évidemment évacuer cette énorme déception », a-t-il déclaré, ajoutant que l’équipe se devait de « tout faire samedi parce que c’est le dernier de la compétition ». Entre six et sept changements sont attendus dans le onze titulaire, à l’exception de Mbappé.

Un symbole vieux de 70 ans

La petite finale a déjà pesé sur un classement individuel emblématique de l’histoire du football français. En 1958, Just Fontaine avait profité de ce match contre l’Allemagne de l’Ouest (remporté 6-3 par les Bleus) pour inscrire un quadruplé et porter son total à treize buts sur la compétition — un record toujours inégalé aujourd’hui, près de sept décennies plus tard. Instaurée par la FIFA en 1934, cette rencontre a généré 38 buts lors des dix dernières éditions, contre 27 en finale sur la même période.

L’Angleterre, de son côté, aborde ce match avec un lourd passif : les Three Lions restent sur deux défaites en petite finale, en 1990 face à l’Italie (2-1) puis en 2018 contre la Belgique (2-0). Le sélectionneur anglais Thomas Tuchel a lui-même qualifié cette rencontre de « match que personne ne veut jouer ».

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