L’Université de Parakou (UP) se retrouve au cœur d’une vive polémique après la publication de résultats d’examens particulièrement sévères. En deuxième année de Lettres modernes comme en Didactique, la session normale s’est soldée par des taux d’échec très élevés, une situation qui fait écho aux déboires similaires enregistrés l’an passé en Faculté de droit.
La stupeur a rapidement gagné les réseaux sociaux et les couloirs du campus à l’annonce des résultats de fin d’année à l’université de Parakou. En deuxième année de Lettres modernes, sur l’ensemble de la promotion, la centaine, une seule étudiante est parvenue à valider les douze unités d’enseignement requises pour accéder directement en Licence 3. Pour tous ses camarades, le verdict de cette session normale affiche une contre-performance absolue.
Cette débâcle n’est malheureusement pas isolée au sein de l’établissement. Dans la filière Didactique, le bilan s’avère tout aussi alarmant avec un seul et unique admis sur un effectif de plus de 1 000 étudiants inscrits à la session normale. La grande majorité de la promotion devra donc obligatoirement passer par les épreuves de rattrapage.
Ce scénario rappelle la situation survenue en 2025 à la Faculté des droits et sciences politiques (FADESP) de la même université. À l’époque, sur un total de 2 482 étudiants inscrits en première année de droit, seuls 6 avaient réussi à franchir le cap de la première session en validant l’ensemble des matières.
Pour le Doyen de la faculté, Moctar Adamou, cette rigueur découle directement de l’application stricte du système LMD (Licence-Master-Doctorat) depuis 2012, et du durcissement des règles opéré en 2020. Contrairement à l’ancien système où obtenir une moyenne générale globale suffisait pour réussir, le modèle actuel impose la validation individuelle de chaque unité d’enseignement. Avant 2020, le taux de réussite atteignait parfois 85 %, mais cette souplesse montrait des limites : beaucoup d’étudiants passaient en année supérieure sans jamais revenir composer pour leurs matières en retard. « Ce n’est pas un échec du système, c’est une exigence académique nécessaire », avait martelé le Doyen, tout en pointant du doigt un défaut d’orientation chez certains bacheliers qui s’inscrivent en Droit sans réelle vocation.
Absentéisme et méthodes d’évaluation en question
Du côté des représentants des étudiants, l’analyse met en lumière des défaillances comportementales et structurelles. Rachid Mora Chabi, ancien président de la Fédération nationale des étudiants de l’Université de Parakou (FNEUP), explique ces résultats par un faible taux de fréquentation des cours par les apprenants. Toutefois, il appelle également à une réflexion approfondie sur les méthodes d’évaluation actuelles et exhorte les responsables pédagogiques à tirer les leçons de ces échec pour améliorer les futures performances.
Bien que ces chiffres suscitent de vives inquiétudes quant au niveau académique général, l’espoir d’une régularisation demeure. À l’instar de l’année précédente où la session de rattrapage avait finalement permis à 785 étudiants en Droit de sauver leur année, les recalés de Lettres modernes et de Didactique disposent d’une seconde chance cruciale pour redresser la barre et poursuivre leur cursus universitaire. Mais au-delà, ces résultats interpellent les autorités au plus haut niveau. Il est important de questionner aussi le système d’enseignement et prendre des mesures.
