Après la mort de Lillian Smart, l'amibe mangeuse de cerveau inquiète au-delà des lacs aux États-Unis

Une fillette de huit ans est morte le 22 août 2026 dans un hôpital près de Shreveport, en Louisiane, des suites d’une infection à Naegleria fowleri. Lillian Smart, originaire de Ruston, avait fêté son anniversaire la veille de son décès.

Le département de la Santé de Louisiane estime que la contamination s’est produite lors d’une baignade dans le lac Claiborne, situé à une cinquantaine de kilomètres de son domicile. La fillette avait été admise en soins intensifs pédiatriques après une fièvre ayant évolué vers une vision double puis des troubles neurologiques graves. Sa famille a annoncé sa mort dimanche sur Facebook, évoquant des lésions cérébrales trop sévères pour que son corps puisse s’en remettre.

Un bilan encore incertain en Louisiane

Selon le Louisiana Illuminator, ce décès porterait à cinq le nombre de morts attribuées à cette amibe dans l’État depuis 2011 — un chiffre que les autorités sanitaires locales n’ont toutefois pas confirmé officiellement. Le dernier cas recensé en Louisiane remontait à 2013, dans la paroisse de Saint-Bernard, où un enfant de quatre ans avait été contaminé en jouant sur un toboggan aquatique domestique.

Les données du CDC montrent une réalité plus stable qu’une progression continue : entre 1937 et 2025, 180 cas ont été recensés aux États-Unis, avec une fourchette annuelle de zéro à huit infections. Le Texas et la Floride concentrent le plus grand nombre de cas, suivis de la Virginie et de la Californie. Fait notable, près de 91 % des infections surviennent en juillet et en août, lorsque les eaux douces atteignent leur température maximale.

Des contaminations qui ne se limitent plus aux lacs

Si la baignade en eau douce reste le mode d’exposition le plus fréquent, plusieurs cas récents montrent que le risque déborde désormais ce cadre. En septembre 2023, un enfant de seize mois est mort en Arkansas après avoir joué dans une aire de jeux aquatiques insuffisamment désinfectée ; une enquête du CDC publiée en mars 2025 a confirmé génétiquement que l’amibe provenait de l’eau de cette installation. Deux autres enfants étaient déjà décédés dans des circonstances similaires au Texas, en 2020 puis en 2021.

Un autre mode de contamination inquiète les autorités sanitaires : le lavage nasal à l’eau non traitée. En juin 2025, une septuagénaire texane est morte huit jours après avoir utilisé de l’eau du robinet d’un camping-car pour un rinçage des sinus. Les CDC ont confirmé la présence de l’amibe dans son liquide céphalo-rachidien.

Une infection presque toujours mortelle

Naegleria fowleri pénètre exclusivement par les voies nasales et ne présente aucun risque en cas d’ingestion, selon les autorités sanitaires américaines. L’infection provoque une méningo-encéphalite amibienne primitive, qui détruit les tissus cérébraux et tue dans 97 % des cas selon le CDC. Seuls quatre patients ont survécu à cette maladie aux États-Unis depuis 1962. Des chercheurs cités par le Washington Post estiment par ailleurs que le réchauffement des eaux douces pourrait étendre la présence de l’amibe vers des régions plus septentrionales du pays, jusqu’ici épargnées par ce type d’infection.

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