Une mise au point sur les pouvoirs du président du Sénat a été livrée face à la presse, mercredi 12 août 2026. Bertin Koovi a affirmé que l’élection de Patrice Talon à ce poste ne change rien à l’organisation du pouvoir exécutif au Bénin.
L’ancien chef de l’État a été porté à la présidence de la chambre haute le 6 août dernier, à Porto-Novo, avec 24 voix sur 25 exprimées. Cette désignation intervient un peu plus de deux mois après son départ de la présidence de la République, le 24 mai 2026, et une semaine après l’installation officielle des sénateurs. C’est dans ce cadre que Koovi a choisi de s’exprimer, pour répondre aux interrogations soulevées par ce retour de Talon sur le devant de la scène institutionnelle.
Une distinction entre deux fonctions
Selon Koovi, « le président du Sénat n’est pas le président de la République ». Il a rappelé que le pays ne compte qu’un seul chef de l’État, en la personne de Romuald Wadagni, et que celui-ci conserve seul la conduite de l’action gouvernementale. L’acteur politique a précisé que la fonction occupée par Talon reste de nature parlementaire. D’après lui, le président du Sénat « ne se substitue pas au président de la République » et n’exerce aucune autorité sur le gouvernement.
Le Sénat présenté comme un organe de régulation
Koovi a également écarté l’idée d’une chambre haute conçue à l’image de l’Assemblée nationale. Il a soutenu que l’institution répond à une logique distincte, tournée vers l’expérience et la continuité de l’État, plutôt que vers la reproduction des équilibres partisans issus des urnes. Il a par ailleurs reconnu la légitimité des critiques adressées à la nouvelle institution, estimant que le débat sur le pluralisme politique doit pouvoir s’exercer librement, y compris à l’égard du Sénat.
Une chambre née de la révision constitutionnelle de 2025
Le Sénat béninois constitue la première chambre haute de l’histoire institutionnelle du pays. Il a été créé par la révision constitutionnelle promulguée le 17 décembre 2025, qui a fait basculer le Parlement d’un système monocaméral à un système bicaméral. La chambre compte 25 membres, en partie désignés par le président de la République, et intègre trois anciens chefs d’État en tant que membres de droit : Nicéphore Soglo, Thomas Boni Yayi et Patrice Talon lui-même.
L’entrée en fonction de cette nouvelle institution place désormais Talon au troisième rang protocolaire de l’État, derrière le président de la République et la vice-présidente, mais devant le président de l’Assemblée nationale.


