Bénin : les bénéficiaires de la grâce présidentielle ont rempli les conditions selon Houngbédji

Les 369 détenus graciés le 1er août au Bénin ont tous répondu aux critères fixés pour cette mesure, a affirmé le gouvernement. Le ministre porte-parole, Wilfried Léandre Houngbédji, s’est exprimé ce dimanche 9 août 2026 sur les antennes de Radio Bénin – SRTB, pour détailler les conditions ayant permis à ces personnes de bénéficier de la clémence présidentielle.

Une mesure prise pour les 66 ans de l’indépendance

Le président Romuald Wadagni avait signé le décret n°2026-546 le 31 juillet 2026, après avis motivé du Conseil supérieur de la magistrature, à l’occasion du 66e anniversaire de l’accession du pays à la souveraineté, célébré le 1er août. La mesure, la première de ce type depuis son investiture en mai, concernait 369 personnes condamnées réparties dans huit juridictions, dont le tribunal de première instance d’Abomey-Calavi (73 bénéficiaires), celui d’Abomey (38), de Cotonou (36), de Djougou (30) et de Pobè (26), auxquels s’ajoutaient dix condamnés de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) et deux de la Cour spéciale des affaires foncières (CSAF). Les libérations avaient débuté progressivement le jour même, selon les formalités administratives et judiciaires propres à chaque dossier.

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Après cet acte, plusieurs commentateurs y avaient vu un geste d’ouverture politique. Interrogé sur cette lecture, le porte-parole du gouvernement a d’abord resitué la démarche dans une pratique ancienne des chefs d’État béninois : « ça c’est déjà une tradition dans notre pays », a-t-il indiqué, précisant que le chef de l’État « se fait le continuateur de cette tradition ».

Des critères cumulatifs pour bénéficier de la grâce

Selon les explications données à la radio, plusieurs éléments sont pris en compte avant qu’un dossier ne soit retenu : la durée de peine déjà purgée, la gravité de la sanction prononcée et le comportement du détenu pendant son incarcération. Il s’agirait, selon les mots du porte-parole, d’un « cumul de conditions » et non d’un choix arbitraire. Les services du ministère de la Justice auraient instruit chaque dossier avant de transmettre des propositions à la présidence, sur la base de critères objectifs.

Houngbédji a martelé que le volume de la mesure comptait moins que le respect des règles fixées : « ce n’est pas le nombre le plus important, c’est de savoir que ceux qui bénéficient remplissent les conditions ». Il n’a pas exclu que d’autres décrets suivent, à condition que les détenus concernés adoptent une conduite jugée satisfaisante d’ici de prochaines occasions similaires.

Un espoir entretenu chez les autres détenus

La présence de certains noms sur la liste publiée début août aurait déjà suscité des attentes chez d’autres prisonniers, qui espèrent voir leur dossier examiné lors d’une prochaine mesure de clémence. Le porte-parole du gouvernement a reconnu cette dynamique sans détour : « Si la présence de certains sur la liste fait naître chez d’autres l’espoir que leur tour viendra, cela peut se comprendre ».

Le ministère de la Justice avait par ailleurs averti, en juillet, contre des tentatives d’escroquerie visant des familles de détenus, certains individus réclamant de l’argent contre une inscription frauduleuse sur la liste des bénéficiaires. Aucune transaction financière ne conditionne l’octroi d’une grâce présidentielle, avait alors rappelé le ministère.

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