Ceuta : le Maroc accusé de « guerre hybride » en Espagne

Le Maroc est accusé de mener une stratégie de « guerre hybride » à Ceuta par Izquierda Unida, formation de gauche membre de Sumar. Le parti a saisi le Congrès espagnol le 19 août 2026 pour demander au gouvernement des explications sur la réponse à la crise survenue dans l’enclave fin juillet.

La formation politique espagnole estime que les événements des 30 et 31 juillet ne peuvent pas être considérés uniquement sous l’angle migratoire. Selon Izquierda Unida, ils pourraient également relever d’une stratégie combinant pression migratoire, moyens technologiques, cybersécurité et rapports de force diplomatiques. Le parti demande à l’exécutif de préciser les mesures qu’il compte prendre face à cette situation.

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Izquierda Unida interpelle le gouvernement espagnol

L’initiative parlementaire a été portée par Enrique Santiago, avec les députés Francisco Sierra et Fèlix Alonso. Plusieurs questions ont été adressées à des responsables gouvernementaux afin d’obtenir des précisions sur les dimensions sécuritaires et militaires du dossier.

Izquierda Unida demande en particulier au gouvernement d’expliquer comment il entend renforcer les capacités espagnoles en matière de cybersécurité et réduire certaines dépendances extérieures dans les secteurs de la défense et des technologies sensibles.

La formation évoque aussi le rapprochement militaire et technologique entre le Maroc, les États-Unis et Israël. Elle souhaite savoir quelles conséquences cette coopération peut avoir pour la sécurité espagnole et quelles réponses Madrid envisage.

Dans son argumentaire, IU cite plusieurs équipements et technologies liés au Maroc, dont des drones, des systèmes de surveillance et le système antimissile Barak MX. Ces éléments sont présentés par la formation comme faisant partie d’un environnement sécuritaire qu’elle juge préoccupant.

La qualification de « guerre hybride » reste toutefois celle d’Izquierda Unida. Elle ne constitue pas, à ce stade, une qualification officielle du gouvernement espagnol.

La crise migratoire de Ceuta au centre du débat

Cette initiative intervient après une importante séquence migratoire à Ceuta les 30 et 31 juillet. Des dizaines de milliers de personnes ont tenté de rejoindre l’enclave espagnole depuis le Maroc. Selon les données citées par la presse espagnole, environ 72 000 personnes auraient franchi la frontière pendant cette période, avant qu’une grande partie ne reparte vers le Maroc.

Cette situation rappelle la crise de mai 2021, lorsque plus de 8 000 migrants avaient rejoint Ceuta en l’espace d’environ deux jours. L’épisode avait alors provoqué une forte tension entre Madrid et Rabat, sur fond de désaccord diplomatique.

Cinq ans plus tard, le contexte est différent. Les relations entre les deux pays ont connu un rapprochement depuis le changement de position de Madrid sur la question du Sahara occidental en 2022. La coopération entre les deux États reste également importante sur les questions migratoires et sécuritaires.

L’initiative d’Izquierda Unida ouvre donc un nouveau débat en Espagne sur cette relation. Pour la formation, la coopération avec Rabat doit être examinée à la lumière des évolutions militaires et technologiques du Maroc. Le gouvernement devra désormais répondre aux questions parlementaires déposées par les députés de la coalition Sumar.

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