Plusieurs individus liés aux services de renseignement marocains ont été repérés grâce aux caméras de surveillance frontalières installées à Ceuta, selon des révélations du quotidien El Español publiées le 2 août 2026. Ces hommes s’étaient dissimulés parmi les milliers de migrants ayant franchi la frontière avec l’enclave espagnole ces derniers jours, d’après la Guardia Civil.
Entre 40 000 et 60 000 personnes ont traversé la frontière à pied ou à la nage en moins de vingt-quatre heures, selon le média Periodista Digital, un afflux inédit pour la ville autonome. Au moins 90 personnes ont perdu la vie durant ces traversées, d’après des sources citées par la radio Cadena SER.
Une montée en tension repérée en amont
Des remontées de renseignement avaient signalé, plusieurs jours avant l’afflux massif, l’arrivée inhabituelle d’autocars près de Castillejos, ville marocaine limitrophe de Ceuta, ainsi qu’une série continue de traversées à la nage jugées anormales. Le média The Objective rapporte que ces mouvements avaient été analysés en amont comme un possible « geste de magnanimité » du roi Mohammed VI, à l’approche de la fête du Trône marocaine. Le gouvernement de Pedro Sánchez aurait négligé ces signaux, selon Periodista Digital.
Sur le terrain, des agents de la Guardia Civil déployés à la digue du Tarajal contredisent la version officielle du ministère de l’Intérieur. Ce dernier a qualifié la coopération avec Rabat d’« exemplaire, loyale et permanente », tandis que plusieurs gendarmes affirment que la gendarmerie marocaine est restée inactive pendant les traversées.
Des vols militaires marocains repérés près de la frontière
Un suivi effectué via FlightRadar24 par The Objective a recensé au moins huit trajets militaires réalisés en quelques heures par quatre appareils de l’armée de l’air marocaine, entre différentes bases du royaume et l’aéroport de Tétouan-Sania Ramel, à environ 40 kilomètres de Ceuta. Rabat n’a fourni aucune explication sur ce pont aérien, et aucun lien officiel n’a été établi avec la crise frontalière.
Ce type de manœuvre rappelle un précédent survenu en mai 2021, lorsque le Maroc avait assoupli sa surveillance à Ceuta en représailles à l’accueil, par l’Espagne, du chef du Front Polisario Brahim Ghali dans un hôpital espagnol. Plus de 8 000 personnes avaient alors franchi la frontière en quelques jours, et des sources de la Guardia Civil évoquaient déjà la présence d’agents marocains infiltrés pour tester les protocoles espagnols. Un an plus tard, le logiciel espion Pegasus avait infecté les téléphones de Pedro Sánchez et de son ancienne ministre de la Défense Margarita Robles, une opération que les services espagnols avaient attribuée au Maroc, accusation toujours démentie par Rabat. L’Association unifiée des gardes civils (AUGC) évoque un bilan humain plus lourd que celui communiqué officiellement, avec plus d’une centaine de morts recensées lors de l’entrée massive survenue jeudi dernier à Ceuta.

Même si moi-même je traversais, ils m’ appeleraient un espion Béninois. Les Européens voient des espions partout où des étrangers se présentent en Europe, parce qu’ils espionnent le monde entier eux-mêmes.