Bill Gates juge désormais que l’intelligence artificielle pourrait produire « un résultat net négatif » pour l’humanité. Le cofondateur de Microsoft, qui affichait encore un optimisme marqué sur cette technologie en janvier, a multiplié cette semaine les prises de parole pour alerter sur des risques qu’il estime mal anticipés par les gouvernements.
Un ton qui s’est durci en quelques mois
Dans sa lettre annuelle publiée en janvier 2026, le milliardaire américain se disait optimiste sur l’avenir de l’IA tout en formulant certaines réserves, évoquant les progrès attendus en santé et en éducation. Huit mois plus tard, le registre a changé. Dans un essai partagé cette semaine, il estime que l’IA pourrait devenir un facteur d’égalité inédit ou, à l’inverse, une source majeure d’injustice, et qu’aucune préparation sérieuse n’est engagée pour éviter ce second scénario.
Ce basculement s’expliquerait en partie par une série d’incidents de sécurité récents impliquant des systèmes d’IA capables d’agir de façon autonome, dont un piratage ayant visé la plateforme Hugging Face. Selon Gates, ces épisodes devraient alarmer davantage l’opinion publique qu’ils ne le font actuellement.
Une rencontre avec Xi Jinping en préparation
Le fondateur de Microsoft cherche à obtenir une audience avec le président chinois Xi Jinping, provisoirement envisagée pour novembre lors d’un déplacement en Chine. Son objectif : proposer une coopération internationale pour limiter la diffusion des modèles d’IA jugés les plus dangereux. Il estime que Pékin pourrait accepter de telles restrictions si Washington prenait l’initiative en premier.
Les équipes de l’homme d’affaires travaillent également à l’organisation d’un échange avec le Premier ministre britannique Andy Burnham à l’automne. Parmi ses propositions figure la surveillance de la capacité de l’IA à concevoir des molécules ou à faciliter des attaques biologiques, une mesure qu’il juge compatible avec la poursuite du développement du secteur.
Trois risques identifiés pour l’emploi et la société
Gates cite un risque de chômage de masse, des cyberattaques renforcées par l’IA et un affaiblissement du développement cognitif chez les plus jeunes générations. Il propose la création d’une organisation internationale de régulation, inspirée des mécanismes existants pour les inspections nucléaires, l’aviation civile et la protection de la couche d’ozone.
Le milliardaire avance aussi une taxe sur l’utilisation des robots et de l’IA, calquée sur le modèle des charges sociales, dont les recettes financeraient la reconversion des travailleurs. Une idée qu’il défend depuis près d’une décennie mais qu’il remet aujourd’hui en avant avec une insistance nouvelle, alors que les administrations américaine et chinoise n’ont pas encore formulé de réponse officielle à ses propositions.
En 2023 déjà, Gates s’était rendu à Pékin pour rencontrer Xi Jinping, sa première visite en Chine depuis 2019. Le dirigeant chinois l’avait alors qualifié de « vieil ami », une relation que le fondateur de Microsoft espère aujourd’hui mobiliser pour peser sur la régulation mondiale de l’intelligence artificielle.



