Aucun autre pays ne maîtrise aujourd’hui l’ensemble de la chaîne de production nucléaire, de l’extraction du combustible jusqu’au retraitement des déchets. C’est ce qu’a affirmé Vladimir Poutine le 20 août, lors d’une réunion consacrée à l’énergie atomique.
Selon le président russe, cette position technologique globale confère à son pays un avantage déterminant sur le marché mondial de la construction de centrales. « Seul pays au monde à posséder des capacités sur toute la chaîne de l’énergie nucléaire », a t-il déclaré, ajoutant que la Russie maintiendrait des standards de sécurité et de fiabilité opérationnelle traditionnellement élevés dans ses installations.
Un secteur déjà présent sur tous les continents
Cette déclaration confirme un positionnement déjà bien établi. Le groupe public Rosatom, fondé en 2007 et fort d’environ 250 000 salariés répartis dans plus de 300 entreprises, pilote depuis près de vingt ans l’essentiel de la filière nucléaire russe, de l’extraction d’uranium à la construction de réacteurs à l’étranger. Malgré les sanctions occidentales imposées depuis 2022, l’entreprise continue de fournir du combustible enrichi à plusieurs pays et conserve un carnet de commandes de centrales sur plusieurs continents, dont l’Égypte, la Turquie et plusieurs États d’Asie.
C’est dans ce cadre que le chef de l’État a fixé de nouveaux objectifs pour consolider cette avance industrielle, deux axes principaux ayant été mis en avant : l’expansion territoriale des installations sur le sol russe et la maîtrise du cycle fermé du combustible.
De nouvelles régions pour l’implantation de centrales
Poutine a annoncé vouloir étendre la présence de centrales nucléaires vers de nouvelles zones du territoire national. Il a cité en particulier l’Oural, la Sibérie et l’Extrême-Orient, des régions où des installations modernes devraient, selon lui, fournir une électricité jugée abordable et respectueuse de l’environnement.
Le président a également justifié cette expansion par la hausse continue des besoins électriques liés au développement de l’économie numérique, un facteur qu’il souhaite intégrer dans la planification énergétique à venir. Il a demandé la constitution d’une base technologique permettant de construire des centrales de tailles différentes, aussi bien de grandes installations que des unités compactes.
Cycle fermé et formation des spécialistes
Le chef de l’État a souligné la maîtrise par son pays des technologies les plus avancées du cycle fermé du combustible nucléaire, qui permettent la réutilisation du combustible déjà utilisé. Il a jugé nécessaire une mise en œuvre à grande échelle de ces procédés.
Concernant les ressources humaines, Poutine a insisté sur l’importance de renforcer la formation des ingénieurs et techniciens du secteur. « Il est nécessaire d’améliorer continuellement le système de formation des scientifiques, des ingénieurs, des travailleurs et des gestionnaires », aurait-il indiqué, évoquant une concurrence internationale croissante dans ce domaine. Le président a enfin appelé à renforcer l’exploration géologique et le développement de nouveaux gisements, afin de garantir un approvisionnement stable en combustible pour les futures centrales du pays.



