FIFA : comment Macron s'est investi contre le projet d'Infantino

Un appel téléphonique entre Emmanuel Macron et Gianni Infantino a eu lieu jeudi, quelques heures avant que le président de la Fifa n’annonce, vendredi, le retrait de son projet de vente de la Coupe du monde à des investisseurs privés. Selon des informations de L’Équipe révélées dimanche 2 août, le chef de l’État français s’est personnellement mobilisé dans les jours précédant cette annonce.

Lors de cet échange, le président de la République a demandé à son interlocuteur de préserver l’unité du football mondial et d’éviter toute rupture durable entre confédérations.

Une médiation discrète depuis l’Élysée

Une source proche de l’Élysée a confirmé au quotidien sportif l’implication personnelle de Macron dans ce dossier. Le chef de l’État, connu pour son intérêt pour le football, a multiplié les contacts : un entretien avec Patrice Motsepe, président sud-africain de la CAF, un autre avec le président de l’UEFA Aleksander Ceferin, dont il soutient la position ferme face à Infantino, et enfin une conversation directe avec le dirigeant de la Fifa.

« Il veut préserver l’unité du foot mondial et éviter toute fracture durable », a résumé un proche du président auprès de L’Équipe, évoquant un rôle jugé diplomatique de sa part. Selon la même source, Macron a aussi encouragé Philippe Diallo, patron de la FFF, avant qu’il ne prenne la parole en premier parmi les 55 fédérations européennes pour s’opposer publiquement au projet.

Une contestation qui a fini par payer

Le plan porté par Infantino prévoyait la création d’une filiale commerciale valorisée à 20 milliards de dollars, dont 20 % des parts auraient pu revenir à des investisseurs privés. Un fonds fondé par Joshua Kushner, frère de Jared Kushner, gendre de Donald Trump, figurait parmi les partenaires envisagés, alimentant des soupçons de conflit d’intérêts liés à la proximité affichée entre le dirigeant suisse et la Maison-Blanche.

Face à la fronde, l’UEFA avait menacé de boycotter de futures compétitions organisées en partie sur son sol, dont les Coupes du monde féminine 2027 et masculine 2030. Deux départs avaient également fragilisé Infantino en interne : ceux de son conseiller Carlos Cordeiro et de son directeur des opérations Kevin Lamour. Vendredi, dans un communiqué, le président de la Fifa a reconnu que « le projet a créé des divisions » incompatibles avec l’objectif initial de la réforme.

Pour mémoire, la Fifa, fondée en 1904 et forte aujourd’hui de 211 fédérations membres, n’avait plus connu de crise de gouvernance d’une telle ampleur depuis les scandales de corruption qui avaient conduit à la chute de Sepp Blatter en 2015.

Vers une nouvelle phase de tensions

Le retrait du projet n’a pas mis fin aux frictions entre Zurich et les instances européennes. L’UEFA a depuis évoqué la possibilité de poursuites judiciaires et adressé un avertissement concernant certains documents liés au dossier. Une source proche du dossier indique que la confédération continentale continuerait d’examiner les options disponibles avant l’élection présidentielle de la Fifa prévue en 2027, dans un climat de défiance qui pourrait peser sur la suite du mandat d’Infantino.

2 réflexions au sujet de “FIFA : comment Macron s'est investi contre le projet d'Infantino”

  1. « comment Macron s’est investi contre le projet d’Infantino »

    Ce bouffon ferait mieux de s’occuper des feux de forêt … et de commander des Canadair. Ou d’appeler Poutine pour qu’il lui envoie ses hélicos qui combattent les feux.

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