Un accord judiciaire met fin aux poursuites contre Hugo Jinkis et son fils Mariano Jinkis, deux hommes d’affaires argentins visés depuis 2015 par la justice américaine. Le père et le fils se sont présentés jeudi devant un tribunal fédéral de New York, où ils ont admis leur implication dans un système de corruption ayant permis à leur groupe de capter des droits de retransmission sportive très rentables.
L’accord, dit de poursuites différées, prévoit l’abandon des charges de fraude en échange d’une confiscation de 50 millions de dollars. Les Jinkis évitent ainsi un procès et une éventuelle peine de prison, tout en reconnaissant formellement avoir mis en place un système de corruption au sein de leur groupe.
Un système de pots-de-vin sur plusieurs années
Propriétaires de la société de marketing sportif Full Play, basée en Argentine, les Jinkis ciblaient des compétitions continentales et internationales. Selon les documents déposés dans le cadre de la procédure fédérale, les fonds versés à des dirigeants du football se chiffraient en dizaines de millions de dollars, dans le but d’obtenir des contrats médiatiques et commerciaux sur plusieurs tournois.
Le dossier remonte à une enquête ouverte en 2015 par le ministère américain de la Justice, qui visait un vaste réseau de corruption impliquant des officiels de la Fifa et de plusieurs confédérations continentales, dont la Conmebol pour l’Amérique du Sud. Cette enquête avait débouché sur des dizaines d’inculpations à travers le monde, ainsi que sur des perquisitions au siège de la Fifa à Zurich.
Blatter, première victime du scandale
Ce scandale, connu sous le nom de Fifagate, avait provoqué la chute de l’ancien président de la Fifa, Sepp Blatter, contraint de quitter ses fonctions en 2015 après plus de dix-sept ans à la tête de l’instance. Depuis, la procédure américaine a donné lieu à une longue série de procès, condamnations et accords similaires à celui conclu par les Jinkis.
D’autres acteurs du dossier ont connu des trajectoires judiciaires différentes. Ancien dirigeant de Fox International Channels, Hernan Lopez avait été condamné en 2023 pour fraude et blanchiment dans un volet lié aux droits TV de la Copa Libertadores. Sa condamnation, annulée puis rétablie en juillet dernier, fait aujourd’hui l’objet d’une demande d’abandon des poursuites déposée par des procureurs fédéraux, qui la jugent dans l’intérêt de la justice.
Une amende record dans l’histoire du scandale
La société Torneos y Competencias, elle aussi visée par l’enquête américaine, avait accepté en 2016 de verser plus de 112 millions de dollars pour solder sa participation au système de corruption, l’une des sanctions financières les plus lourdes prononcées dans ce dossier depuis son ouverture. L’affaire des Jinkis prolonge la liste des ramifications judiciaires du Fifagate, plus de dix ans après les premières arrestations.
