Aucun navire de guerre russe ne stationne plus en Méditerranée depuis le 1er juillet 2026, une première depuis 2013. Le constat provient du projet de renseignement open source Russian Forces Spotter, qui suit les mouvements de la flotte russe par imagerie satellite.
Un retrait confirmé début juillet
La frégate Admiral Kasatonov et le pétrolier ravitailleur Akademik Pashin, derniers bâtiments russes observés dans la zone, ont quitté la région fin juin après un parcours passant par Tartous le 4 juin, Alexandrie le 12 juin à l’occasion de la fête de la marine russe, puis le sud de la Sardaigne et le port algérien d’Oran. Depuis leur départ, plus aucun navire de combat russe n’a été repéré dans le bassin méditerranéen. Un responsable de l’OTAN a précisé au magazine Newsweek que les deux derniers bâtiments avaient quitté la zone le 26 juin.
Ce vide naval résulte de deux facteurs structurels. La Turquie a fermé le Bosphore et les Dardanelles aux navires de guerre des pays impliqués dans le conflit ukrainien, en vertu de la convention de Montreux de 1936, empêchant la flotte russe de la mer Noire de rejoindre la Méditerranée. La chute du régime de Bachar al-Assad fin 2024 a par ailleurs réduit l’accès russe à sa base navale de Tartous, en Syrie, désormais sous contrôle des nouvelles autorités.
Des navires redéployés vers l’escorte pétrolière
Une partie de la flotte russe a été réaffectée à la protection de pétroliers transportant du brut sanctionné, la flotte fantôme. Des bâtiments comme la frégate Admiral Grigorovich ont ainsi escorté des tankers russes à travers la Manche, où les marines occidentales multiplient les contrôles. La France a intercepté en janvier 2026 le pétrolier Grinch, parti de Mourmansk sous pavillon comorien suspecté d’être falsifié, tandis que les États-Unis ont saisi plusieurs navires liés au commerce pétrolier sanctionné, dont le Bella-1 début 2026.
Face à cette pression occidentale, le conseiller du Kremlin Nikolaï Patrouchev a averti en février que la marine russe interviendrait pour empêcher ce qu’il qualifie d' »actes de piraterie » commis par les pays occidentaux à l’encontre des navires russes.
Une force permanente vieille de treize ans mise à l’arrêt
Le déploiement naval permanent russe en Méditerranée avait été instauré en 2013, avec jusqu’à quinze navires simultanément avant 2022. Des analystes cités par plusieurs médias jugent ce retrait probablement temporaire, la Méditerranée demeurant une voie de passage stratégique vers l’Atlantique. Moscou chercherait déjà une base alternative, le Soudan étant évoqué comme option possible sur la mer Rouge.



