Un retour d’Ali Bongo Ondimba au Gabon dépendra désormais de l’évolution du cadre juridique et sécuritaire du pays. L’ancien président gabonais s’est exprimé dans un entretien accordé le 22 août à Info241, à quelques jours du troisième anniversaire du coup d’État militaire qui l’a renversé le 30 août 2023.
Une vie à l’étranger depuis sa chute
Renversé par les militaires en 2023, l’ancien chef de l’État a quitté le Gabon et vit depuis à l’étranger. Cette absence, entourée de silence, trouve désormais un cadre officiel dans les propos tenus au média gabonais. Après avoir été placé en résidence surveillée à Libreville au lendemain du coup de force, Ali Bongo avait obtenu l’autorisation de se rendre à l’étranger pour y effectuer des contrôles médicaux, en lien avec l’accident vasculaire cérébral (AVC) dont il avait été victime en 2018. Il a fini par quitter le territoire gabonais et réside aujourd’hui à l’étranger, sans que le lieu précis de son installation actuelle ne soit précisé dans l’entretien. C’est depuis cet exil qu’il s’exprime sur son avenir.
Les conditions posées pour un retour
Dans l’entretien, l’ancien président affirme vouloir rentrer un jour, mais pose des conditions précises. « J’y retournerai lorsque les conditions de droit et de sécurité le permettront, pour moi-même et pour ma famille », déclare-t-il. Il précise également : « je vis hors de mon pays pour des raisons que tout le monde connaît », sans détailler davantage les circonstances de son départ.
L’ancien chef de l’État insiste sur son attachement au pays qu’il a dirigé pendant quatorze ans, affirmant vouloir être perçu comme un homme ayant refusé toute effusion de sang pour se maintenir au pouvoir. Il évoque aussi la situation économique des Gabonais, jugeant que certaines familles du pays traversent des difficultés plus urgentes que les siennes.
Une famille toujours visée par la justice
L’épouse d’Ali Bongo, Sylvia, et son fils Noureddin, sont concernés par une procédure judiciaire ouverte à Libreville. Un procès les visant, ainsi que plusieurs coprévenus, s’est tenu en novembre 2025 dans la capitale gabonaise. Les deux proches, qui vivent également hors du pays, y ont été jugés par contumace et continuent de clamer leur innocence.
À titre de repère historique, la famille Bongo a dirigé le Gabon pendant 56 années consécutives : Omar Bongo, père d’Ali Bongo, a occupé la présidence pendant 41 ans avant la succession de son fils en 2009. Le coup d’État d’août 2023 a mis fin à plus d’un demi-siècle de pouvoir familial ininterrompu dans le pays. Aucune date n’a été avancée par Ali Bongo pour un éventuel retour, celui-ci restant conditionné à une évolution du cadre judiciaire et sécuritaire encore incertaine.
