Une motion militaire a été adoptée jeudi par les députés ougandais. Le texte, porté par le ministre de la Défense Kiryowa Kiwanuka, ouvre la voie à un déploiement de soldats de l’Uganda People’s Defence Force (UPDF) dans la bande de Gaza.
Un vote qui répond à une invitation américaine
Le contingent ougandais rejoindra, si le déploiement se confirme, la Force internationale de stabilisation esquissée en février par le Conseil de la paix du président américain Donald Trump. Cette force, dont le commandement a été confié au général américain Jasper Jeffers, viserait un effectif total de 20 000 hommes. Devant les parlementaires, Kiwanuka a justifié le choix de son pays en rappelant l’expérience acquise par l’armée ougandaise lors de ses missions de maintien de la paix, notamment en Somalie.
Le Maroc s’est, de son côté, déjà engagé à fournir des troupes pour cette même mission. La perspective d’un envoi de soldats à Gaza intervient une semaine après l’annonce par Trump d’un accord prévoyant le désarmement du Hamas et un retrait progressif des forces israéliennes du territoire. Selon les termes de cet accord, qui prolonge un cessez-le-feu conclu l’an dernier, la force internationale ne devrait être déployée qu’une fois ce retrait achevé.
Des doutes exprimés au sein du Parlement
Le vote n’a pas fait l’unanimité à Kampala. Plusieurs députés de l’opposition ont interrogé les motivations réelles du gouvernement, s’inquiétant d’une éventuelle contrepartie négociée avec Washington. Le député Hassan Kirumira a estimé que ce déploiement poserait des difficultés diplomatiques pour un pays membre de l’Organisation de la coopération islamique.
D’autres élus se sont interrogés sur le rôle exact que joueraient les troupes ougandaises une fois sur place. D’où vient cette initiative américaine d’appeler à former une force internationale ?, a demandé le député indépendant Karim Masaba. Le général Henry Matsiko, un des militaires siégeant au Parlement, a pour sa part défendu un choix qui ferait, selon lui, de l’armée ougandaise un repère de stabilité dans un contexte régional et mondial jugé instable.
Un mandat encore flou sur le terrain
Aucune date de déploiement n’a été communiquée à ce stade, et les modalités précises de la mission des soldats ougandais restent à préciser. Le calendrier dépendra directement de l’avancée du retrait des troupes israéliennes de Gaza, dont l’échéance n’a pas été fixée officiellement.
La Force internationale de stabilisation a été mandatée par la résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée le 17 novembre 2025. Ce texte confie également au Conseil de la paix la supervision de la formation d’une nouvelle force de police palestinienne, chargée à terme de maintenir l’ordre dans l’enclave.
L’Ouganda dispose déjà d’une longue expérience de déploiements extérieurs sur le continent africain, notamment via la mission de l’Union africaine en Somalie, où ses troupes sont engagées depuis près de deux décennies. Ce précédent explique en partie l’argument mis en avant par le gouvernement ougandais pour justifier sa candidature à la mission de Gaza.