Oyo Rukidi IV est mort jeudi 27 août aux États-Unis, où il était hospitalisé, à l’âge de 34 ans. Le roi du royaume traditionnel du Toro, dans l’ouest de l’Ouganda, avait été admis dans un hôpital américain en raison d’un cancer, selon des sources proches de la famille royale.
Un règne entamé à trois ans
Le souverain avait pris la tête du Toro en 1995, une semaine après la mort de son père, le roi Olimi III, emporté par une crise cardiaque à Fort Portal. Âgé de trois ans seulement, il ne pouvait exercer le pouvoir : une régence avait alors été assurée par plusieurs membres de sa famille. Ce n’est qu’à sa majorité, en 2010, qu’Oyo Rukidi IV avait pris pleinement en main les affaires de son royaume, lors d’une cérémonie de couronnement organisée à Fort Portal.
Le Premier ministre du royaume, Calvin Armstrong Rwomiire Akiiki, a annoncé la nouvelle tard jeudi soir, évoquant une perte incommensurable pour la famille royale, le peuple de Tooro et l’Ouganda. Plus tôt dans la journée, les autorités du royaume avaient déjà fait savoir que le monarque se trouvait dans un état critique et avaient appelé la population au calme.
Un titre dépourvu de pouvoir politique
Le Toro fait partie des cinq royaumes traditionnels reconnus symboliquement par le président ougandais Yoweri Museveni. Ces institutions, sans pouvoir constitutionnel, conservent un poids culturel important auprès des populations locales. Le Toro, situé aux confins de l’Ouganda et de l’ex-Zaïre sur les contreforts du massif du Rwenzori, revendique environ 180 ans d’existence en tant que royaume.
En 2025, le Livre Guinness des records avait distingué Oyo Rukidi IV comme le plus jeune monarque en exercice de la planète. Sur le continent africain, seules trois monarchies conservent aujourd’hui une souveraineté pleine et entière : le Maroc, le Lesotho et l’Eswatini.
Un successeur resté secret jusqu’à sa mort
Le roi n’était pas marié, mais le Premier ministre du Toro a révélé qu’il laissait derrière lui un prince héritier dont l’existence n’avait jamais été rendue publique jusqu’ici. Son identité devrait être dévoilée conformément aux rites traditionnels du royaume.
La disparition d’Oyo Rukidi IV intervient au lendemain de celle du roi Harald V de Norvège, mort à 89 ans après 35 ans de règne. La famille royale du Toro avait par ailleurs entretenu des liens rapportés avec l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, désigné par le jeune souverain comme défenseur du royaume lors des célébrations du sixième anniversaire de son couronnement, en 2001.
