Des plans militaires de près de 4 000 pages sont opérationnels à l’OTAN face à une escalade russe, a déclaré l’amiral Giuseppe Cavo Dragone à Copenhague, samedi 19 septembre. L’officier italien, qui préside le Comité militaire de l’Alliance, s’exprimait à l’issue d’une réunion des chefs d’état-major des 32 pays membres.
Cette annonce suit plusieurs semaines d’alertes en Europe : des services de renseignement jugeraient probable un test de l’article 5 par la Russie, la Pologne est en état d’alerte à ses postes-frontières, et un drone chargé d’explosifs a échoué contre un cargo ukrainien à l’aéroport de Leipzig, dans la nuit du 4 au 5 août. Ce scénario est celui que les plans doivent couvrir. L’article 5 du traité de Washington, qui prévoit la défense collective des alliés, n’a été invoqué qu’une seule fois, après les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis.
Des plans qui couvrent tous les niveaux de crise
Selon des informations rapportées par Politico, ces documents classifiés prévoient des réponses graduées, d’un incident frontalier localisé jusqu’à une incursion militaire de grande ampleur. Ils prolongent trois plans régionaux de défense adoptés au sommet de Vilnius en 2023, qui attribuent des forces, délimitent des secteurs à défendre et tracent des routes de renfort. Leur contenu exact n’a pas été rendu public. Depuis 2022, l’Alliance a doublé ses groupements tactiques sur le flanc oriental, passés de quatre à huit avec l’ajout de ceux de la Bulgarie, de la Hongrie, de la Roumanie et de la Slovaquie.
L’amiral a résumé l’état de préparation ainsi : « L’Alliance est prête, la structure est prête, les soldats et les armes sont prêts. » Dragone a estimé que les actions récentes de Moscou cherchent à éprouver la détermination des alliés et à fragiliser leur confiance mutuelle, sans y parvenir. Il a ajouté que l’OTAN continue d’accroître ses effectifs et ses équipements et que les alliés savent comment réagir en cas d’attaque.
Des mises en garde qui précèdent la réunion
Le Premier ministre polonais Donald Tusk avait averti le 17 septembre, devant le Parlement à Varsovie, que le plan russe, d’après les évaluations des services de renseignement, comprendrait des attaques hybrides de drones et de missiles contre des pays soutenant l’Ukraine, dont la Pologne. Il a évoqué « un risque réel » de chute de drones sur le territoire d’un ou de plusieurs pays du flanc oriental, et Moscou présenterait alors ces incidents comme des accidents. Selon lui, l’objectif serait d’affaiblir la cohésion de l’Alliance et de convaincre les alliés que l’article 5 est plus théorique que réel. Ces évaluations reposent sur des renseignements non publiés. Certains médias ukrainiens lui prêtent aussi l’hypothèse d’une escalade d’ici sept à huit mois, un horizon non confirmé officiellement.
La France et les Pays-Bas partageraient ces inquiétudes. Des sources sécuritaires françaises anticiperaient une guerre larvée, sans opération militaire majeure de la Russie en Europe tant que ses troupes restent engagées en Ukraine. Cette stratégie pourrait toutefois s’étendre à des industries de défense en France ou en Italie, selon ces mêmes sources. Dragone a indiqué que les généraux n’avaient pas examiné ces avertissements pendant leur réunion.




32 pays craient la probable menace, qui serait venu d’un seul pays. C’est ridicule.