Un blocage de glace formé sur la rivière Bhote Koshi a lâché mercredi matin, provoquant une vague soudaine dans le district de Rasuwa, au nord du Népal. Le bilan provisoire s’élève à 95 morts et 384 personnes portées disparues, dont 291 étrangers, selon la police népalaise et l’Office du tourisme.
Un mécanisme naturel identifié après coup
Les premières analyses évoquent un séisme survenu dans la zone, qui aurait déclenché une avalanche de glace et de roche depuis un glacier. Cette masse aurait bloqué le cours de la Bhote Koshi avant de céder brutalement, libérant une vague de boue et de débris vers l’aval. C’est ce qu’a indiqué le ministre népalais des Affaires étrangères, Shishir Khanal, devant le Parlement. Des chercheurs de l’International Centre for Integrated Mountain Development, basé à Katmandou, précisent que c’est la Lhende Khola, un affluent de la Bhote Koshi, qui a enregistré le pic de crue.
Un précédent presque identique s’était produit dans la même région en août de l’année dernière : le débordement d’un lac glaciaire côté tibétain avait fait neuf morts et endommagé un pont reliant les deux pays. Ce type d’événement, lié à la fonte accélérée des glaciers himalayens, tend à se répéter d’une année sur l’autre dans cette zone frontalière.
Des villages emportés et des secours entravés
Les habitations situées le long du cours d’eau ont été particulièrement touchées, notamment à Trishuli Bazar, dans le district de Nuwakot. Un agent de santé sur place a rapporté que « il n’y a que de la dévastation là où l’on regarde. Les habitations proches de la rivière ont été complètement emportées ». Le relief montagneux du Népal, marqué par des vallées encaissées et des gorges étroites, complique les opérations de secours. Les hélicoptères n’ont pas pu se poser dans les secteurs de Syabrubesi et Timure, deux localités très fréquentées par les randonneurs empruntant le trek du Langtang.
Selon l’Office du tourisme népalais, 133 des personnes disparues participaient à un pèlerinage hindou vers le mont Kailash, situé côté tibétain, un site sacré pour les fidèles indiens. Les autres nationalités recensées parmi les disparus comprennent des ressortissants américains, britanniques, australiens, malaisiens et sud-africains.
Des infrastructures énergétiques endommagées
La crue a aussi frappé le réseau électrique national : plus de 12 % de la capacité hydroélectrique totale du Népal aurait été affectée par les dégâts causés aux installations situées le long de la rivière. Le Premier ministre Balendra Shah a annoncé la convocation d’une réunion d’urgence de l’autorité nationale de gestion des catastrophes, précisant que les équipes médicales, les secouristes et la Croix-Rouge avaient été mobilisés.
Côté chinois, la région de Gyirong, au Tibet, a également été touchée par un glissement de terrain distinct, avec un premier bilan de trois morts et 265 disparus selon la télévision publique CCTV. Le président chinois Xi Jinping a demandé le renforcement des systèmes d’alerte précoce afin d’éviter de nouvelles catastrophes en cascade. L’Inde et la Chine ont proposé leur aide aux autorités népalaises pour les opérations de recherche.
