Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Mikhaïl Galuzin a écarté, le 10 août, toute perspective de trêve en Ukraine sans satisfaction préalable des revendications de Moscou. Sa déclaration intervient à quelques jours d’une tournée diplomatique attendue des envoyés américains Steve Witkoff et Jared Kushner, qui devraient se rendre à Kiev puis à Moscou.
La position constante de Moscou
« Aucun ‘gel’ n’est possible sans éliminer les causes profondes de cette crise », a déclaré Galuzin à l’agence TASS, reprenant une formule déjà employée à plusieurs reprises par le président russe Vladimir Poutine. Les exigences russes n’ont pas varié depuis le début du conflit : neutralité militaire de Ukraine, abandon de toute perspective d’adhésion à l’OTAN, plafonnement de ses forces armées, et reconnaissance de la Crimée ainsi que de quatre régions ukrainiennes annexées comme territoire russe.
Galuzin a également jugé la politique de Washington contradictoire, estimant que la poursuite des livraisons d’armes américaines à Kiev et le partage de renseignement ne seraient pas compatibles avec un discours affiché de recherche de paix. Il a par ailleurs visé le président ukrainien Volodymyr Zelensky, affirmant qu’il « a complètement perdu le sens des réalités ».
La proposition ukrainienne rejetée dès juin
Président ukrainien Zelensky a proposé à plusieurs reprises un gel des combats le long de ligne de front actuelle. Cette option avait déjà été rejetée en juin par le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, qui invoquait tromperie subie par Russie lors des pourparlers avortés de 2022 pour justifier son refus d’un arrêt des combats sans garanties préalables.
Une médiation américaine relancée
Ces prises de position interviennent alors que Maison Blanche chercherait à relancer les négociations, avec une possible proposition de suspension des frappes aériennes entre les deux pays. Witkoff et Kushner seraient attendus à Kiev puis à Moscou dans un délai de sept à dix jours, selon des sources proches du dossier citées par presse ukrainienne.
Un responsable américain estime que exécutif penserait de plus en plus que Moscou comme Kiev auraient chacun des raisons d’envisager une trêve limitée au ciel, sans que cela signifie un accord global sur le terrain. Russie affirme de son côté rester engagée sur compréhensions conclues lors du sommet de Anchorage, tout en refusant tout arrêt des combats qui ne réglerait pas ce qu’elle considère comme causes structurelles du conflit.



