L’AES prépare un cadre commun pour mieux gérer les ressources naturelles

Ouagadougou a servi de cadre, ce jeudi 13 août 2026, à la toute première session ministérielle sur l’énergie, les mines et le pétrole de la Confédération des États du Sahel (AES). Les représentants du Burkina Faso, du Mali et du Niger s’y sont réunis pour jeter les bases d’une gestion concertée de leurs richesses naturelles.

La cérémonie d’ouverture s’est déroulée sous l’autorité du Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo. Il a affirmé que les richesses énergétiques et minières des trois États sont appelées à devenir le levier de notre souveraineté, et non plus à nourrir la prospérité de puissances extérieures.

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Une accélération des réformes depuis 2023

Cette rencontre ministérielle prolonge une dynamique amorcée dès 2023. Le Mali avait ouvert la marche en adoptant cette année-là un nouveau code minier destiné à accroître la part de l’État dans les revenus de l’or. Cette réforme, associée à un durcissement fiscal sur les compagnies aurifères, aurait permis à Bamako de mobiliser plus de 800 millions de dollars sur la seule année 2024.

Le Burkina Faso a suivi une trajectoire comparable. Un code minier adopté en 2024 a été complété en avril 2025 par un décret ouvrant jusqu’à 45 % du capital des sociétés minières industrielles à l’État et aux investisseurs locaux. Ouagadougou a également mis sur pied en 2024 sa première raffinerie d’or nationale, en association avec un partenaire malien.

Le cas nigérien reste le plus tranché. Après avoir repris en 2024 le contrôle opérationnel de plusieurs sites d’extraction d’uranium, Niamey a nationalisé en juin 2025 la Somaïr, coentreprise longtemps exploitée par le groupe français Orano. Le contentieux s’est depuis étendu à un différend arbitral sur un important stock d’uranium, ainsi qu’à une révision du code des hydrocarbures visant à renforcer l’emprise de l’État sur le secteur pétrolier.

Vers une politique sectorielle commune à l’échelle confédérale

C’est dans cette situation que la Confédération, née en juillet 2024, cherche désormais à harmoniser les législations des trois pays membres. Une convention signée en février 2025 entre les ministres sectoriels avait déjà posé les bases de ce chantier commun.

À Ouagadougou, le chef du gouvernement burkinabè a insisté sur le lien entre maîtrise des ressources et capacité des États à financer leur propre développement. D’après lui, l’enjeu dépasse la seule collecte de recettes : il s’agit de construire des chaînes de valeur industrielles créatrices d’emplois directement sur le territoire confédéral, plutôt que d’exporter des matières premières brutes.

Les travaux visent à définir des orientations communes pour les secteurs de l’énergie, des mines, des carrières et du pétrole des trois pays. Pour mémoire, l’espace AES concentre une part significative de la production ouest-africaine d’or, ainsi que les principales réserves d’uranium du continent, une ressource pour laquelle le Niger figure parmi les sept premiers producteurs mondiaux. Les conclusions de cette rencontre ministérielle devraient orienter les prochaines étapes de la politique minière et énergétique commune de la Confédération.

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