Le Canada imposera des droits de douane de rétorsion sur l’acier, l’électronique et d’autres produits américains dès le 8 septembre. Cette décision fait suite à l’échec des négociations commerciales avec Washington, samedi, après le refus d’Ottawa de retirer la protection du français des discussions.
La demande américaine sur le français
La première ministre du Québec, Christine Fréchette, a révélé que la délégation américaine avait proposé de négocier certains éléments de la loi 96, dont l’obligation d’inclure le français sur les appareils électroniques et les manuels d’utilisation. Elle a précisé que cette demande était arrivée lors de la toute dernière journée des pourparlers, ce qui l’avait surprise.
Le premier ministre Mark Carney a détaillé la position canadienne devant la presse, sur la colline du Parlement. Nous n’étions pas prêts à faire de compromis sur notre souveraineté, la protection de la langue française et notre culture, a-t-il affirmé, ajoutant que ces enjeux n’avaient jamais figuré parmi les options envisageables par son gouvernement.
Autos et ententes commerciales
Carney a également évoqué des désaccords sur les droits de douane touchant le secteur automobile ainsi qu’une tentative américaine, formulée dans les dernières heures, de limiter la capacité du Canada à conclure d’autres accords commerciaux avec des pays tiers. Il a qualifié cette dernière démarche de rapport de force plutôt que de négociation économique classique.
Le retrait de l’équipe canadienne, menée par le ministre Dominic LeBlanc et la négociatrice Janice Charette, a suivi l’entrée en vigueur de tarifs américains de 50 % sur près de 28 milliards de dollars de biens canadiens. Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a précisé qu’aucune nouvelle rencontre n’était prévue à court terme.
Un contentieux ancien autour de la loi 96
La question linguistique figurait déjà dans les tensions commerciales avant cet épisode. En avril 2025, le Bureau du représentant américain au Commerce avait classé la loi 96 parmi les barrières commerciales dans son rapport annuel, un document d’environ 400 pages recensant les obstacles au commerce identifiés dans les pays partenaires des États-Unis. Carney s’était alors engagé publiquement à exclure cette loi de toute négociation future.



