Mali : l'activiste Adama Diarra, alias "Ben le Cerveau" condamné à 5 ans de prison

La justice malienne a condamné ce lundi 03 Août l’activiste Adama Diarra, connu sous le surnom de « Ben le Cerveau », à cinq ans de prison, dont quatre ans ferme. La décision a été rendue par la Chambre criminelle de la Cour d’appel de Bamako, qui l’a reconnu coupable de menaces et d’injures commises via un système d’information. Cette peine est inférieure aux dix années d’emprisonnement réclamées par le procureur général lors de l’audience du 27 juillet, tandis que la défense demandait son acquittement.

Une condamnation moins lourde que les réquisitions

Selon la décision de la cour, l’affaire repose sur un enregistrement audio présenté comme une conversation privée liée aux préparatifs d’une manifestation prévue en janvier 2023. Au cours de la procédure, Adama Diarra a reconnu que l’une des voix était la sienne, tout en contestant une partie du contenu et l’authenticité de certains passages. Ses avocats ont également remis en cause les conditions d’obtention de cet enregistrement ainsi que son intégrité technique.

(📲 Ne ratez aucune de nos news géopolitiques! Rejoignez 👉 LNT Inter sur WhatsApp !)

D’après les éléments examinés par la juridiction, les faits retenus concernent des menaces et des injures diffusées par l’intermédiaire d’un système d’information. La cour a finalement prononcé une peine de cinq ans d’emprisonnement, dont quatre années ferme, une sanction plus clémente que les réquisitions du ministère public. Cette décision intervient après un premier dossier judiciaire. Arrêté en septembre 2023, l’activiste avait déjà été condamné pour atteinte au crédit de l’État avant de voir cette peine réduite en appel.

Une figure influente de l’opinion publique malienne

Pendant plusieurs années, Ben le Cerveau s’est imposé comme l’un des militants les plus influents du débat public au Mali. À la tête du mouvement Yèrèwolo-Debout sur les remparts, il a mobilisé une partie importante de la jeunesse autour des thèmes de la souveraineté nationale, du départ des forces étrangères et du rapprochement entre Bamako et Moscou.

À son apogée, ses rassemblements réunissaient régulièrement plusieurs milliers de personnes dans la capitale malienne et ses interventions sur les réseaux sociaux bénéficiaient d’une forte audience. Son influence dépassait le cadre militant et faisait de lui l’une des voix les plus écoutées du courant souverainiste, même si ses positions suscitaient aussi des critiques dans une partie de la classe politique et de la société civile. Après le coup d’État de 2020, Adama Diarra avait intégré le Conseil national de Transition et soutenu les autorités de transition. Les relations entre les deux camps se sont ensuite détériorées lorsqu’il a appelé au respect du calendrier de retour à l’ordre constitutionnel. Selon la procédure, il estimait que l’enregistrement à l’origine de cette nouvelle affaire n’était pas destiné à être rendu public .

Un dossier suivi de près au Mali

La condamnation de Ben le Cerveau dépasse le cadre judiciaire en raison de son poids dans la vie politique récente du pays. Figure médiatique depuis plusieurs années, il est resté associé aux grandes mobilisations souverainistes qui ont marqué la transition malienne après 2020. Selon la décision rendue à Bamako, la défense a continué de contester les preuves produites devant la cour et avait plaidé « l’acquittement ». À ce stade, la juridiction d’appel a maintenu la culpabilité de l’activiste tout en réduisant sensiblement la peine sollicitée par le parquet.

Laisser un commentaire