Une accusation contre des puissances étrangères a été formulée lundi 27 juillet par le président Abdelmadjid Tebboune, concernant la situation sécuritaire au Mali. Lors de son entretien périodique avec la presse nationale, le chef de l’État a dénoncé une manœuvre visant à couper Bamako de son voisin algérien pour l’exposer davantage aux groupes armés.
Une volonté d’isolement dénoncée
Le chef de l’État algérien a mis en cause des acteurs cherchant à profiter du Mali. « On veut l’isoler de l’Algérie pour en faire une proie facile », a-t-il déclaré, ajoutant que ce scénario ne serait pas toléré. Selon lui, des parties tierces auraient persuadé les autorités de Bamako que la médiation algérienne relevait d’une ingérence, dans le but d’éloigner le pays de son environnement régional naturel.
Tebboune est allé plus loin en désignant, sans les nommer explicitement, les instigateurs du chaos sécuritaire sahélien. Il a estimé que les artisans du terrorisme sont ceux-là mêmes qui prétendent vouloir aider le Mali à s’en débarrasser. Le président a par ailleurs rejeté l’idée que le phénomène terroriste constituerait une fatalité propre au continent africain, le qualifiant plutôt de construction extérieure importée sur le sol africain.
Un discours de fraternité historique
Au-delà de l’accusation, le président algérien a insisté sur l’ancienneté des liens unissant les deux nations, évoquant des relations de bon voisinage vieilles de plusieurs siècles. Il a tenu à rassurer sur les intentions de son pays envers ses voisins directs. « Leur pays ne fera jamais de mal à ses voisins », a-t-il assuré, en s’adressant symboliquement aux citoyens algériens invités à en tirer une fierté nationale.
Ces déclarations interviennent alors que les deux capitales viennent tout juste de tourner la page d’une crise diplomatique longue de plus d’un an. Le 10 juillet 2026, Alger et Bamako avaient simultanément annoncé le retour de leurs ambassadeurs respectifs ainsi que la réouverture mutuelle de leurs espaces aériens, mettant fin à une période de tensions ouverte en avril 2025 après la destruction d’un drone militaire malien par la défense aérienne algérienne. Ce dégel avait lui-même été précédé, en février 2026, par une normalisation comparable entre Alger et Niamey, dans un mouvement plus large de réchauffement entre l’Algérie et les pays de l’Alliance des États du Sahel.
C’est dans la continuité de ce rapprochement tout juste amorcé que les propos tenus lundi par Tebboune prennent leur sens: en pleine reprise du dialogue bilatéral, le président algérien choisit de réaffirmer publiquement son soutien à Bamako face à la menace djihadiste, tout en mettant en garde contre les tentatives de sabotage venues de l’extérieur. Aucune réaction officielle des autorités maliennes n’a été communiquée à ce stade concernant les déclarations du président algérien.



