Près de 1 500 personnes restent introuvables au Népal et au Tibet, deux jours après le passage d’une crue dévastatrice à leur frontière commune. Le bilan des morts, déjà supérieur à 160, devrait encore s’alourdir à mesure que les recherches reprennent, selon la police népalaise.
Des centaines de touristes étrangers manquent à l’appel
La police et les autorités du tourisme ont recensé 826 disparus du côté népalais. Les touristes étrangers en composent l’essentiel, avec un chiffre avoisinant les 600 personnes. Cette proportion s’explique par la localisation du désastre : la zone sinistrée borde l’un des itinéraires les plus empruntés vers le mont Kailash et le lac Manasarovar, au Tibet, un site de pèlerinage vénéré par les hindous comme par les bouddhistes. Beaucoup de disparus effectuaient cette traversée au moment de la catastrophe.
Les nationalités touchées se comptent par dizaines. Des ressortissants d’Inde, des États-Unis, d’Ukraine, de Malaisie, d’Australie, du Royaume-Uni et du Canada figurent parmi les plus représentés, d’après un décompte communiqué par l’office du tourisme népalais. Côté chinois, les autorités du comté de Gyirong ont recensé 558 disparus supplémentaires, dont 260 étrangers.
Un effondrement glaciaire à l’origine du désastre
La catastrophe remonte à mercredi matin, lorsqu’un pan de glacier s’est détaché en haute altitude dans l’Himalaya, entraînant un mur de boue et de roches dans une rivière frontalière. La masse d’eau a dévalé les vallées, emportant maisons, ponts, routes et installations hydroélectriques dans les districts népalais de Rasuwa, Nuwakot et Dhading, avant d’atteindre le poste-frontière de Gyirong.
Les secours peinent à progresser dans une région montagneuse largement coupée du monde. Des hélicoptères de l’armée népalaise larguent des vivres aux villages isolés tandis que les équipes au sol tentent d’atteindre les zones les plus reculées. Le porte-parole de la police, Abi Narayan Kafle, a déclaré à Reuters que les recherches venaient de reprendre et que davantage de corps seraient probablement retrouvés, faisant grimper le bilan.
Les autorités chinoises signalent un risque supplémentaire : un lac encore retenu par un barrage naturel de débris s’est formé en amont de la zone sinistrée, à Gyirong. Sa rupture éventuelle pourrait provoquer une nouvelle vague de crue et compliquer les opérations de secours, selon la télévision publique CCTV.
Une aide internationale mobilisée
Plusieurs pays ont confirmé la présence de leurs ressortissants parmi les disparus. Le Premier ministre australien a fait état de 34 Australiens injoignables, tandis que le Canada, les Pays-Bas, le Japon et l’Italie ont également signalé des citoyens dont le sort reste incertain. Les États-Unis ont annoncé l’envoi d’un conseiller spécialisé dans la réponse aux catastrophes ainsi qu’une aide de 500 000 dollars. Le secrétaire général des Nations unies a indiqué que des équipes onusiennes se mobilisaient pour acheminer du matériel et du personnel vers les zones affectées du Népal.
Cette région himalayenne a déjà connu des alertes similaires : le système fluvial de la Lhende Khola, à l’origine de la crue actuelle, avait débordé à deux reprises au cours de l’année écoulée, signe de l’instabilité croissante des glaciers de la chaîne himalayenne face au réchauffement climatique.
