Paludisme : la chercheuse camerounaise Christianne Donkeu Wamen fait une découverte inédite

Christianne Donkeu Wamen vient de décrocher son doctorat en biologie et physiologie animales, avec des travaux centrés sur les protéines d’adhésion cellulaire de type intégrine chez Plasmodium falciparum, l’espèce parasitaire responsable des formes les plus graves du paludisme.

Un sujet de thèse resté inexploré

Le titre exact des travaux est le suivant : « Identification et caractérisation fonctionnelle des protéines d’adhésion cellulaire de type intégrine de Plasmodium falciparum ». Ces protéines, encore peu documentées à l’échelle mondiale, joueraient un rôle dans la manière dont le parasite s’accroche aux cellules de son hôte. Cette interaction participerait aux mécanismes responsables des formes sévères de la maladie, selon les conclusions de la thèse.

La recherche a été menée au sein du Laboratoire de Paludologie du Centre Pasteur du Cameroun, avec l’appui du docteur Lawrence Ayong, qui dirige cette unité. L’encadrement scientifique a permis à la doctorante de confronter ses hypothèses à des protocoles expérimentaux rigoureux, selon les précisions apportées par l’institution.

Des perspectives pour la recherche vaccinale

Les résultats obtenus pourraient alimenter le développement de nouvelles approches thérapeutiques contre le paludisme, ainsi que la recherche de candidats vaccins. Ce type de travail prend une importance particulière face à la multiplication des résistances aux traitements antipaludiques existants, qui oblige les équipes scientifiques à identifier de nouvelles cibles biologiques.

Le paludisme demeure la maladie endémique la plus répandue au Cameroun, à l’origine de plus de deux millions de cas déclarés chaque année, selon les données de l’Observatoire du paludisme sévère. Le pays fait partie des onze nations classées à forte charge et fort impact par l’Organisation mondiale de la santé, un groupe qui concentre environ 70 % du fardeau mondial de la maladie.

Une découverte scientifique vieille de 145 ans

Plasmodium falciparum a été identifié pour la première fois en 1880 par le médecin militaire français Alphonse Laveran, qui avait observé le parasite dans le sang de patients fébriles en Algérie. Plus d’un siècle plus tard, les mécanismes précis par lesquels ce parasite provoque les formes graves du paludisme resteraient encore partiellement compris par la communauté scientifique.

Au Cameroun, la lutte contre la maladie s’appuie depuis janvier 2024 sur l’introduction du vaccin RTS,S dans le programme élargi de vaccination, une première dans le calendrier vaccinal de routine national. Quarante-deux districts sanitaires à haut risque, répartis dans les dix régions du pays, ont été retenus pour cette phase initiale de déploiement.

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