Ebola : la Russie annonce des tests positifs de son vaccin contre la souche Bundibugyo

Des essais préliminaires menés en juillet 2026 sur un vaccin russe ont montré une réponse immunitaire contre la souche Bundibugyo du virus Ebola. Denis Logounov, directeur du Centre de recherche Gamaleïa, a livré ces résultats au journal Izvestia.

Des essais menés sur un modèle simplifié du virus

Les scientifiques ont d’abord fabriqué les composants du vaccin avant de vérifier leur capacité à déclencher une réponse immunitaire. Ces vérifications ont été réalisées via des essais dits « de substitution », c’est-à-dire sur une version simplifiée de l’agent pathogène, et non sur la souche réelle qui circule actuellement en Afrique centrale. Logounov affirme que ces données « corrèlent bien » avec celles obtenues sur le véritable virus. L’institut précise toutefois qu’il ne possède aucun échantillon de la souche Bundibugyo et qu’il attend sa transmission par les autorités sanitaires pour poursuivre les recherches.

Une adaptation du vaccin déjà existant contre la souche Zaïre

Ce produit n’est pas une création entièrement nouvelle. Il s’agit d’une version modifiée du vaccin russe déjà mis au point contre la souche Zaïre, la plus répandue du virus Ebola, à partir de l’épidémie ouest-africaine de 2014-2016. Le 20 mai dernier, le directeur scientifique du centre, Alexandre Gintsbourg, avait déjà évoqué une piste de protection croisée, en avançant un taux d’homologie génétique de « 60 à 70% » entre les deux souches. Début juillet, il avait chiffré à 50% la protection espérée contre l’infection elle-même, et à un niveau plus élevé encore la réduction attendue de la mortalité chez le personnel soignant.

Le statut réglementaire du produit reste à trancher

Le ministère russe de la Santé doit encore décider si ce vaccin adapté sera enregistré comme un nouveau médicament ou comme une simple mise à jour du produit existant. Cette décision conditionnera la durée des essais cliniques à venir. Un scénario comparable s’était produit avec le Spoutnik Light, également développé par l’institut Gamaleïa, modifié à plusieurs reprises pour suivre l’évolution des variants du SARS-CoV-2.

L’épidémie actuelle touche la République démocratique du Congo et l’Ouganda. Le 17 mai, l’Organisation mondiale de la santé avait classé la situation en « urgence de santé publique de portée internationale ». Selon le dernier rapport des autorités sanitaires congolaises, arrêté au 21 juillet, l’épidémie a fait 1 033 morts pour 2 536 cas confirmés, ce qui en fait la troisième plus importante flambée d’Ebola jamais recensée — et la 17ème que connaît le pays depuis la découverte du virus en 1976 près de la rivière Ebola, dans le nord du pays.

Le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), dirigé par Jean Kaseya, a indiqué vouloir organiser des échanges avec l’institut Gamaleïa avant de se prononcer sur la portée de ces résultats. L’organisation panafricaine s’est fixé comme objectif de disposer d’un vaccin et d’un traitement homologués contre la souche Bundibugyo d’ici la fin de l’année 2026. Deux autres candidats-vaccins spécifiques à cette souche sont par ailleurs en cours de développement dans le monde, le plus avancé d’entre eux devant entrer en phase d’essai dans un délai de deux à trois mois.

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