Philippe Bouvard avait raconté sa propre mort dans un livre en 2009

Un ouvrage publié en 2009 par Philippe Bouvard racontait déjà, dans le détail, sa propre disparition. Intitulé Je suis mort, et alors ?, paru chez Flammarion, le livre imaginait le narrateur déjà disparu, livrant depuis cet au-delà fictif le récit de ses douze premiers mois d’éternité — un texte qui prend une résonance particulière depuis la mort de l’animateur, survenue ce lundi 24 août à son domicile de Cannes, à 96 ans.

Un livre-testament écrit vingt ans avant l’échéance

À 80 ans, l’animateur des « Grosses Têtes » choisissait un exercice singulier : se déclarer mort dès la première page pour mieux observer, depuis cette position fictive, le monde qui continuait sans lui. L’ouvrage s’inscrivait dans une œuvre écrite abondante, puisque le journaliste a publié près de soixante-dix livres au cours de sa carrière, entre carnets, aphorismes, portraits et mémoires. Cette production éditoriale montre un trait constant de sa personnalité publique : un regard ironique posé sur les autres autant que sur lui-même, et une capacité à transformer en dérision les sujets les plus graves, y compris sa propre fin.

Dès 1979, l’animateur avait d’ailleurs publié Tous des hypocrites sauf vous et moi chez Albin Michel, confirmant un goût ancien pour l’autodérision et l’observation sociale mordante.

Une disparition confirmée par son épouse

RTL a annoncé la mort de son ancienne figure emblématique ce lundi matin. La matinalière Céline Landreau a précisé à l’antenne que l’animateur s’était éteint vers 8 heures, en douceur, information transmise par son épouse. Bouvard avait quitté définitivement les ondes le 1er janvier 2025, à l’issue d’une carrière qu’il qualifiait lui-même de doublement centenaire : six décennies de micro, toutes passées au sein de la même antenne.

Le créateur des « Grosses Têtes », lancées en 1977 et animées pendant trente-sept années consécutives jusqu’en 2014, laisse derrière lui une carrière qui aura traversé six décennies de médias français, de la presse écrite à la radio en passant par la télévision.

Un ton d’humoriste jusque dans l’anticipation de la mort

Le choix d’un tel sujet dès 2009 montrait une approche singulière de la vieillesse et de la disparition, traitées sur le mode de la légèreté plutôt que du pathos. Cette manière d’aborder frontalement un thème habituellement tabou rejoint le style qui a fait sa réputation d’animateur : une répartie immédiate, un humour parfois grinçant, et une propension à retourner les situations les plus sérieuses en matière à plaisanterie.

Seize ans séparent la parution du livre de la mort réelle de son auteur, un délai durant lequel Philippe Bouvard aura continué à écrire, à animer et à commenter l’actualité, comme s’il avait voulu démentir, année après année, le titre qu’il avait lui-même choisi.

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